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27 (1767) La suite de l'histoire de l'order de S. Jean de Jérusalem depuis l'établissement des chevaliers dans l'isle de Rhodes, jusqu'à l'année 1725 ...
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i 5 o HISTOIRE DE L’ORDRE

Ssctios modele de celui qu’il avoit fait faire au siégé de 8t. Lime. Le Grand-Maître,„j, v ; qui en prévit !a conséquence, ne fut pas moins actif à le ruiner, mais l’a-Inventé inutilement pendant la nuit à cause de la forte garde que lesjusqu'à la Turcs y a voient mise, il fe détermina à l’attaquer de jour, & en donna lamort de commiffion à son neveu Henri de la Valette. Ce jeune Chevalier, accompa-Jean de la g n ^ ^ Chevalier de Polaílron, sortit en plein jour à la tête d’un bon déta-S! ette chôment; il tenta de rompre le pont en liant bien avec de grosses cordes <Sc' des cables les poteaux qui le foutenoient, & à force de bras de les tirer de

leur place ; mais comme fes soldats travailioient à découvert, ils fe virenttout d’un coup accablés d’une grêle de moufquetades qui en tua une par*

' tie, & dispersa les autres. Les deux Chevaliers ayant voulu suppléer à leurdéfaut,furent tués. Comme le Bacha avoit mis la tête de tous les Chevaliers,à prix, quelques Turcs s’avancerent auffitôtpour couper celles de la Valet*te & de Polaílron. Mais leurs soldats au désespoir d'avoir abandonné leursOfficiers, en vinrent aux mains avec les ennemis, & après un combat fortvif rentrerent dans la Place avec les corps des deux Chevaliers. Le Grand*Maître supporta la mort de son neveu avec beaucoup de confiance , cfc dità ceux qui entreprenoient de le consoler,que tous les Chevaliers lui étoientégalement chers; ajoutant, que si le secours de Sicile ne venoit point, ilfalloit mourir tous & s’enfévelir fous les ruines de la Place. Déterminénéanmoins à ruiner à tout prix le pont où son neveu avoit péri, il fit ou-vrir la muraille vis-à-vis & de niveau à cet ouvrage, & ayant placé un ca-non dans cette ouverture, il tira si heureusement qu’il l’éfcranla d’abord,& que d’aucres coups le firent croûler; la nuit suivante on y mit le feu,quile réduisit en cendres.

Le Bacha,outré d’une telle résistance, & craignant que le mauvais succèsdu siégé ne lui attirât la disgrâce du Sultan, assembla un Conseil de guerre.II y fut arrêté que le Bacha & le Viceroi d’Alger continueroient l’attaquede l’Isle; que l’Amiral Piali avec les soldats de la marine feroit le siégé dugrand Bourg & du Château Sainr-Ange, & que Candelissa tiendroit la meravec quatre-vingt Galères bien armées. Le Bacha & l’Amiral firent un feu siterrible de leurs batteries, que le Fort & le Bourg de St. Michel furentpresque ruinés, ik qu’il y eut plusieurs breches au grand Bourg, & que lespostes de Castille & d’Auvergne furent fort endommagés. Les Turcscontinuèrent ainsi à raser par leur feu les fortifications, & à fatiguer les as-siégés par des attaques fans leur donner de relâche ; & quoique les Chrétiensleur tuassent beaucoup de monde, ils en perdoient auísi,& leurs Garnisonss’affoiblissoient de jour en jour.

Peux as- Le Bacha, encouragé par-là, donna un nouvel assaut le 2 d’Août au Fortsauts re. de Saint-Michel. Les Infidèles, animés par i’efpérance du pillage, fe pré-poujsés. senterent à la breche avec beaucoup de résolution ; ils soutinrent le feu desChrétiens avec tant d’opiniâtreté, que pendant six heures que dura cet as-saut , les Chevaliers en firent une horrible boucherie, & le Bacha craignantde perdre tout ce qui lui restoit fit sonner la retraite. Cinq jours après,il y revint tout de nouveau ; & pour obliger les assiégés à partager leursforces, il fit faire plus d’une attaque, pendant qu’il «'attacha lui-même au

Fort