DE M A L T H E. Liv. XXL Citai*. VIL 155
L’indignation & !e ressentiment de ceux qui é t oient sur la Flotte ne peu- Se ctïomV ent s’txpnmer; les réflexions vives qu’on fit contre le Viceroi J’obfige- IV;'rent d’assembler un Conseil de guerre, où il proposa de nouveau st son de-voit tenter le secours de Malthe. II est aisé de s’imaginer la réponse que ^’ÍLfirent les Chevaliers & les braves Volontaires ; d’ailleurs on entendit ZmorAiela porte du Conseil un bruit confus de voix & de cris qui demandoient Jean de laqu’on remît à la voile. Ce qu’il y eut de plus fâcheux dans le retardement Vaiëttedu Viceroi, c’est que par la désertion l’armée fut réduite à moins de six-mille hommes. Tout cela détermina le Viceroi à remettre à la voile le stx, j1 arrive â& le même soir la Flotte entra dans le canal de Goze. Le Viceroi ne vou- Malthe.lut point pendant la nuit hazarder une descente, mais le lendemain les trou-pes débarquèrent, & le Viceroi l.ui-même mit pied à terre pour en faire larevue, & après leur avoir vu prendre le chemin de la Cité notable il serembarqua sur le champ pour retourner en Sicile, & promit aux Officiers-Généraux qu’il leur améneroit encore quatre-mille hommes .qu’il attendoitd’ítalie.
Le secours, comme nous savons dit, coníìstoit en six - mille vieux fol* Les Turcsdats, plus de cent Chevaliers, & un grand nombre de Volontaires des pre-mieres familles de France, d’Espagne, a’ícalie & d’autres Pays de l’Euro-^f^.pe, qui brûloient d’impatience de se signaler en faveur d’un Ordre qui quau.depuis plus de troís-cens ans avoit été le boulevard de la Chrétienté. Ils ne *rencontrèrent aucun obstacle dans leur marche. Mustapha & Piali avoienttoujours cru que le Viceroi,à la faveur d’un combat naval, tenterait de fai-re entrer le secours dans ie grand Port. Pour prévenir ce dessein le Bachaen avoit barré l’entrée par une chaîne d’antennes, de pieux & de barques, &
Piali avec toute fa Flotte se tenoit continuellement sur le fer & devant le grandPort. Le débarquement du secours dans un endroit opposé consterna éga-lement les deux Généraux ; sans «'instruire du nombre des troupes qui com-posaient ce secours, ils Jeverent le lîege avec précipitation, retirerent leurGarnison du Fort St. Elme, abandonnèrent méme leur grosse artillerie,
& se rembarquèrent avec une précipitation peu différente d’une vérita-ble fuite. Le Bacha ne fut pas plutôt dans son Vaisseau , qu’il appritpar un esclave échappé du grand Bourg, que ce secours qui avoit taitfuir seize-mille hommes, n’étoit au plus composé que de six-mille, en-core harassés de la mer. Mais l’avis étoit venu trop tard, pareeque leslitres ne pouvoient plus compter fur leurs lignes & leur retranchemens,que le Grand-Maître avoit fait ruiner aussitôt qu’il Jes avoit vu éloignes.
Mustapha, honteux & qui craignait pour fa tête , assembla le Conseil de I!s rrj . cn .guerre; il y fut résolu de débarquer, & d’attaquer le secours avant qu’il vent. *"se fût reposé & préparé au combat. Le Viceroi d’Alger demeura au bordde la mer pour faciliter la retraite, en cas de malheur. La plus grande dif-ficulté soc de faire sortir les soldats des Vaisseaux ; ils se plaignaient de cequ’après un siégé si long & si meurtrier, on voulût les ramener de nou-veau à la boucherie, û’autre part les Chefs du nouveau secours ne furentpas moins partagés sor la maniéré dont ils se dévoient conduire. Ascagne,
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