tS§ HISTOIRE DESORDRE
ScsTtow Mtréchal-Général de camp qui avoit fait retrancher les troupes fur uneIV. hauteur, étoit d’avis qu’on attendît l’ennemi dans le camp. Mais AlvareJHijhire de Lande, le plus considérable des Chefs de farinée , dit hardiment qu’iijderorire^ n ’étoietic pas venus si avant pour demeurer dans l’inaction & pour ne rienmort** 0 hazarder, qu’il falloit aller au devant de l’ennemi, & l’empécher d’empor-jean 4e !a ter par un coup de désespoir les Places qu’il avoit abandonnées. Cet avis
Valette fut généralement approuvé si non comme le plus sûr , au moins comme le
bc. p] us glorieux ; les Chevaliers & les Volontaires déclarèrent même que si
" l’armée ne sortoit pas de fes retranchemens, ils étoient résolus à tous
risques de percer au travers de f armée ennemie pour se jetter dans lesPlaces assiégées.
te Bachs En conséquence de la résolution prise, de Lande descendit de la collinetji défait. à à la tête des Chevaliers, & chargea brusquement les Infidèles pendantque Vitelly les prit en sianc. I.e soldat Turc qu’on avoit traîné malgré luiau combat, soit par ressentiment contre son Général, soit qu’il fût acca-blé de chaleur, voulut à peine se battre. La plupart, après avoir fait unedécharge, prirent la fuite. Mustapha fut contraint de les suivre, pour nepas tomber entre les mains des Chrétiens. On rapporte qu’il étoit si trou-blé , qu’en courant il tomba deux fois de cheval ; & il auroit été pris fansle secours de quelques Officiers, qui aux dépens de leur vie ou de leur li-berté firent ferme , pour lui donner le tems de remonter à cheval. LesChrétiens pourfuivoient les Turcs avec tant d’ardeur , que la plupart desChevaliers se débarrassèrent de leurs cuirasses, & s’expoferent à un très-grand danger; car le Viceroi d’Alger, qui étoit couvert de la pointe d’unrocher, sortit de son embuscade,en tua plusieurs,& en fit quelques-uns pri-sonniers Heureusement de Lande survint, pendant ce combat, avec quel-ques bataillons, donna tète baissée contre les Algériens, <& reprit les prison-niers. Les Turcs ne rendirent plus de combat, & ne chercherent qu’à serembarquer à la faveur du feu que Piali faisoit. Mais les Chevaliers &les soldats, acharnés à la poursuite des ennemis, les fuivoient jusques dans lamer, & on en vit plusieurs qui ayant de l’eau juíques fous les bras, allerenttuer des Turcs à coups de fusil à bord des Galères, où ils tâchoient de se jet-ter. On prétend que pendant tout le siégé jusqu’à ce dernier embarque-ment, le Bacha ne perdit pas moins de. trente-mille hommes. L’Amiral,,après avoir recueilli les débris de l’armée, mit à la voile ; ori assure que leViceroi de Sicile, voyant du haut du Château de Syracuse passer cette Flot-te , apprit sans couriers la levée du siégé. Nous ne suivrons pas plus loiales Généraux Turcs; nous dirons seulement que le Grand-Seigneur, jettentà terre & foulant aux pieds la Lettre qu’il avoit reçue de Mustapha, s’é-cria que fes armes n’étoient heureuses qu’entre ses mains ; qu’au Printetnssuivant i! iroit lui-même à Malthe,. & qu’il ex-termineroit tous les Che-valiers (a).
C’est ainsi que finit ce fameux mais sanglant siégé , dont nous n’avonsrapporté que les principales & les plus intéressantes circonstances parce-
qu’il;
(a) Baudouin, L. XV 11 I. paflira. Fertot T.V. p 85-107,.