DE M A L T H E. Liv. XXI. Chap. VII. rz-y
fTéxeïïipîe dans l’Ordre, les priva de l’habit, & les condamna, s’ils pou. Sectio»voient être arrêtés, à finir leurs jours dans une prison perpétuelle. Mais IV. "ils fie tinrent hors de fia portée tant qu’il vécut, dans l’e/pérance qu’un fiuc- Histoire rhcesseur moins fiévere relàcheroit un peu de l’ancienne díficipiine. l ' 0r r íìr , e ,
L’autre affaire ne fut pas moins désagréable & contraire au respect quiétoit dû au Grand - Maître. Ce fut le meurtre d’une jeune Dame de han de laRhodes , qu’il avoit tenue au baptême ; elle étoit issue de ces généreux ValetteRhodiens, qui après la perte de Piste s’étoient attachés à la fortune de L’Ille » &c -Adam. Elle avoit épousé un Florentin , nommé Bonacuríì, établi à Mal- ' mthe, qui dans un transport de-jalousie la poignarda; fies compatriotes, foieChevaliers ou autres, trouvèrent le moyen de le faire passer en Italie, où iln’avoit pas à craindre d’être poursuivi pour son crime. Ces deux atteintesdonnées à son autorité, si contraires à l’honneur de l’Ordre & à la Discipli-ne touchèrent sensiblement le Grand-Maître, & lui firent craindre qu’aprèsfia mort on ne tombât dans un entier relâchement. Cela l’engagea à cher-cher de bonne heure un successeur , qui par son courage & son zele pût ar-rêter efficacement la licence qui s’étoit glissée peu à peu parmi les Cheva-liers depuis la défaite des Turcs, asin de le recommander aux Electeurs avantfia mort, qu’il prevoyoit n’être pas éloignée.
Mais ce qui le toucha jufqu’au fond de l’ame, & contribua le plus à abré- Le mau-ger le peu de jours qui lui restoient à vivre, ce fut la maniéré mortifiante v f s l >r °-dont le Pape Pie V. le traita de mème que Camfcian son Ambassadeur. Ce^jlPontifie, qui avoit succédé à Pie IV. à i’exemple de son prédécesseur, & lammdudes autres Princes de PEurope, lui avoit écrit des Brefs remplis des témoi- Grand-gnages les plus éclatans de son estime & de fia reconnoiffiance. La Valette Maine.lui marquoit dans fia réponse , que la seule récompense qu’il demandoit defies services , étoit de laisser à son Ordre la disposition du Grand-Prieuréde Rome , que quelques Papes s’étoient attribuée contre les droits de !aReligion. Le Grand-Muître fie flatta qu’une demande si juste en foi-même,
«Sc si désintéressée de fia part, ne lui ficroit pas refusée, íur-tout dans les con-jonctures présentes. En-effet le Pape l’affura par un Bref particulier, qu’àla premiere vacance on ne troubleroit plus l’Ordre dans la jouissance de fiesdroits. Cependant le Grahd-Prieur de Rome étant décédé , Pie V. nelaissa pas de conférer cette dignité au Cardinal Alexandrin son neveu , sansmême l’assujettir, comme avoient été les autres Cardinaux Grands-Prieurs, àpayer les refipoasions & les redevances ordinaires au Trésor général de!'Ordre.
Le Grand Maître fut bientôt instruit de cette double injustice; il en écri-vit aussitôt au Pape avec beaucoup de vivacité , & lui représenta dans faLettre , que si les Cardinaux de chaque nation s’emparoient des biens lesplus considérables de l’Ordre , il ne se troaveroit plus de fonds pour dé-fendre les Côtes & les Vaisseaux de la Chrétienté, & pour continuer la guer-re contre les Infidèles. Le Pape sentit toute la force de ses raisons ; maiscomme les termes de la Lettre du Grand-Maître n’e'toient pas assez, mesurés,
& que Cambian avoit eu l’imprudence d’en répandre des copies , le Ponti-fe, bleste de ce‘ manque de respect, fit défendre à-Cambian de se .présenter