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27 (1767) La suite de l'histoire de l'order de S. Jean de Jérusalem depuis l'établissement des chevaliers dans l'isle de Rhodes, jusqu'à l'année 1725 ...
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i 5 g HISTOIRE D E L’ O R D R E

Section n’eut point de repos , qu’il n’eût trouvé le moyen de faire mettre le feu àIV. cet Arsenal, qui fut réduit en cendres, ce qui obligea le Sultan à remettren ex P'-^ tl0n à une autre année.

/asiu’à !f îa Se voyant en sûreté de ce côté-là. La Valette résolut de profiter du terris' m irt de pour réparer les fortifications que les Turcs avoient ruinées, & avec les fe-jean de la cours qu’il reçut des Princes de l’Europe f 11 rétablit fille dans fa pretnie-Valette r£ £ orce & c ] ans f on ancienne splendeur , & il f éleva même au-dessus de ce

L _qu’elle avoit été. Sans abandonner le foin des autres Places , il entreprit

Nouvelle d’agrandir le Fort St. Eïme, qui étoit comme la clef des deux Ports, & d’yVille qu'H ajouter de nouveaux ouvrages , de construire fur la même langue de terrebâtit. une ville revêtue de toutes les fortification-- que fart pourroit inventer, &d’y transporter ensuite le Couvent & la résidence des Chevaliers. 11 jugeaqù’iìs y seroient plus en fureté que dans le grand Bourg, qui étoit comman-dé de tous côtés par des rochers & par des collines dont il étoit environné.C’étoit un magnifique projet & digne de ce grand homme , mais il falloitaulìi de grands secours pour f exécuter; ion mérite & fon adresse les lui fi-rent obtenir fans peine des Princes Chrétiens. Aussitôt qu’il fe vit en état,il fit venir des Ingénieurs & des Ouvriers de dissérens endroits d’Italie.Tout fe fit avec tant de diligence, qu’il posa la premiere pierre de la nou-velle cité le 28 de Mars ijóó. Cette cérémonie fe fit solemnellement, aprèsquoi tout le monde fe mit au travail chacun à fa maniéré, & s’y employoitavec joie & fans distinction ; Chevaliers, Commandeurs, Oilìciers, soldats,citoyens', habitans de la campagne. Les Galères de la Religion alloientchercher des matériaux & des provisions, & le Grand-Maître ne quittoitpoint les Ouvriers. Quand f argent lui manqua pour les payer, il fit frap-per de la monnoye de cuivre , à laquelle il attacha une différente valeur,selon la grandeur des pieces, avec cette Légende , Non œs fed fuies; & onne manquoit point quand on avoit reçu de f argent, de reprendre cette mon-noye; & par cette exactitude la confiance s’établit fi solidement, que le tra-vail ne fut jamais ni discontinué, ni meme rallenti.

Troubles. Au milieu de ces soins si dignes d’un grand homme , il arriva deux cho-ses qui causèrent un sensible déplaisir à La Valette. L’une fut, que quel-ques jeunes Chevaliers Espagnols , qui fe croyoient tout permis par la joieque caufoit la défaite des Turcs , paifoient leur tems dans les plaisirs de latable, qu’ils assaifonnoient souvent de chansons satiriques, dans lesquelles ilsattaquoient également la gloire des plus braves Chevaliers & f honneur desprincipales Dames Malthoifes. Ces chansons devinrent bientôt publiques.On en porta des plaintes au Grand-Maître, qui ordonna d’en informer, lesauteurs de ces libelles diffamatoires furent découverts , on instruisit leurprocès. Pendant qu’on y travaillait dans le Conseil , cette Jeunesse ef-frénée, sans respect pour la présence du Grand-Maître qui y présidait, en-tra en foule dans la chambre, arracha avec violence des mains du Vice-Chancelier la plume dont il écrivait la sentence qui avoit été prononcéecontre les criminels , & jetta son écritoire par la fenêtre. Ensuite cesmutins s’embarquerent fur de légeres Felouques , & se sauvèrent en Si-cile. Le Grand-Maître, justement irrité d’une rébellion qui n’avoit point

d’exem-