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HISTOIRE DE L’ ORDRE
Section
V.
H Moire tlaMalthedepuis l'anXïétSjur-qti’à l’an1725 .
J574-
1575 -
*5 7 < 5 -
1 577
On rapporte à Tannée suivante rétablissement du Tribunal de l’Inquisitioiîdans Tille de Malthe , où il a toujours subsisté depuis.
Selim II. étant mort, Amurath III. son fils lui succédé ; ce qui fait re-naître les craintes pour Malthe.
Vers ce tems là arrive un grand différend entre l’Ordre &la Républiquede Venise au sujet de la prise qué font les Chevaliers d’un Vaisseau chargéde riches marchandises pour le compte de quelques Juifs.
Autre différend entre les Langues touchant quelques Prieurés & Comman-deries, dans lequel le Grand-Maître a Je malheur de se conduire d’une façonqui indispose le Couvent contre lui. A l’occasion des bruits qui couraientd’une irruption prochaine des Turcs, on reproche au Grand-Maître & auConseil qu’ils demeuraient dans l’inaction.
L’affaire des Juifs de Venise se renouvelle. Le Sénat par représailles faitmettre en séquestre tous les biens que la Religion avoir dans les Etats de laRépublique. Le Grand-Maître est obligé d’envoyer à ce sujet un Ambassa-deur à Rome, pour représenter au Pape que ces Juiss’n’étant pas sujets dela République, il étoit permis par toutes les Loix de saisir le bien d’un en-nemi, quoique sur un Vaisseau ami, comme des effets de contrebande.Avec cela le Sénat ne leva le séquestre , qu’après que les Chevaliers eurentrestitué le butin qu’ils avoient pris aux Juifs Levantins.
L’année suivante le Chevalier Correa Portugais est assassiné dans fa mai-son par six autres Chevaliers de la même nation, qui à la faveur de faussesbarbes s’étoient introduits dans son appartement. Ils sont découverts, arrê-tés, & après qu’on leur a fait leur procès le Juge séculier les condamne àêtre jettes dans la mer enfermés dans des sacs.
La même année les Corsaires d’Alger enlèvent la Galere de St. Paul, quiappartenoit à l’Ordre.
Dans ce tems-là il eut à essuyer des mortifications par les prétentions ar-bitraires de quelques Princes oe l’Europe, à qui le Pape donna l'exemple.Ce Pontife envoya à Malthe un jeune Chevalier nommé Mendose, encorenovice, avec un Bref qui ordonnoit qu’auffitôt qu’il aurait fait ses vœux, ilprît la grande Croix avec le titre de Turcopolíer, affecté ci-devant à laLangue d’Angleterre. Ce Bref cause un mécontentement général dans le Cou-vent , qui envove des Ambassadeurs au Pape pour faire révoquer le Bref accor-dé à un jeune homme fans expérience, & qui alloit devenir un des huit pi-liers ou chefs de tout l’Ordre.
Le Roi d’£spagne,à cet exemple, obtint du Pape un Bref de la même na-ture en faveur d’un jeune Prince de la Maison d’Autriche, appelle l’Archi-duc Venceílas, qui prit la croix & l’habit de l’Ordre. Ce Bref lui accor-des t , par forme de grâce expectative, de pouvoir jouir après la mort desTitulaires de la dignité de Grand-Croix, & des Prieurés de Castille <Sc deLéon, & du Bailliage de Lora. Le Grand-Maître & le Conseil se virentobligés de consentir, après que le Prince Allemand eut fait ses vœux , en con-sidération de la protection que la Religionrecevoit du Roi d’Espagne,bien-que ce fussent-ià des Bénéfices qui appartenoient à la Langue de Castille.
La France donna en ce tems-là une autre atteinte aux privilèges de l’Or-dre. Lc Conseil de Henri 1 11. ayant rendu un Arrêt, qui autorisent le
Roi