DE MALTHE. Liv. XXI. Ciiap. VII. 165
Section
V.
Histoire drMalthedepuis fan1568 ,jufr:qu’à l’an1725 .
Roi à nommer quelques-uns de ses sujets aux Grands-Prieurés de ses Etats,
Ce Prince écrivit au Grand-Maître pour obtenir en faveur de François deLorraine, frere de la Reine, les trois grands Prieurés de France, de St. Gil-les & de Champagne.
L’Ordre fut furie point d’eíïuyer un bien plus rude coup encore en AIlemagne. Dans une Diette on agita s’il ne seroit pas à - propos d’obligertes Chevaliers de Malthe Allemands de s’unir avec leurs Commanderìes àl’Ordre Teutonique , pour le rendre pi a s puissant & plus en état de se ~porter en Hongrie, afin. de faire la guerre aux liifideles. Mais cette pro-position tomba par l’habileté & l’adresse de f Ambassadeur de la Religionà la Diette. _
Un dernier fait remarquable de cette ; année , fut la belle réponse que fitau Grand-Scigneur le Chevalier Bongianni-Giantigliazzi. Le Grand-Duc deToscane, avec la permi lion du Grand-Maître, l’avoit envoye à Constanti-nople en qualité d’Ambassadeur. Un jour le Grand-Seigneur lui montrantun plan de la cité de la Valette, lui demanda si ce plan étoit fidele , & sila Place étoit aussi fortifiée qu’elle paroissoit: Seigneur , lui répondit le Çhe*valier , celui qui a levé ce pkn, a oublié la principale partie de ses fortifica-tions. qui conjijle dans le courage [f la valeur de-plus de mille Chevaliers,toujours prêts à répandre jusqu à la derniere goutte de leur sang pour la dè-senje ne cette Place.
U année 157 pensa être plus agitée encore. Huit ' Chevaliers Castillans fe Plaintes
plaignirent hautement du Grand-Maître & du Conseil, comme leur ayant cmtrefait grand tort & à toute leur Langue,par le consentement qu’ils avoientdonné à la disposition que le Pape & le Roi d’Efpagne avoient faite de grands auêeíesPrieurés dont nous avons parlé, au préjudice des droits d’ancienneté & du parkPape*.mérite. Les mécontens étoient poussés fecrettement par plusieurs Grands- I 57 a * -Croix, qui fomentoient la sédition. Le Grand-Maître eut recours au Pape,qui étant le premier mobile de ce qui s’étoit fait, ne pouvoit manquer dele soutenir. Le Pontife fit citer des mutins de comparoître devant lui ; ilss’excuíërent fous prétexte qu’étant fans Commanderies, fans patrimoine &fans argent ils ne pou voient entreprendre un pareil voyage. Le Grand-Maî*tre en obtint la dispense du Pape, mais ils furent obligés de fe présenterdevant lui en plein Conseil chacun un cierge à la main, pour lui faire <St àtout le Conseil réparation, .H lui demander pardon, quils obtinrent aprèsune sévere réprimandé que leur fit le Grand-Maître.
Le Grand-Prieur de Boheme 'étant mort la même année, l’Ordre craignitque FEmpereur nq voulût y nommer, comm.e les Empereurs avoient faitdepuis longtems, au préjudice des anciens privilèges de la Religion. LeGrand-Maître & le Conseil nommèrent le Bailli de Schonborn pour Ambassfadeur à la Cour Impériale. Ce Chevalier s’aboucha à Prague avec le Che*vaher Christophle ae Verdemberg, tout-puissant auprès de FEmpereur; &pour Fintérwffjr à maintenir les droits de la Religion, le Bailli lui remit un,
Aòfe du Grand-Maître, qui le, nommoit Grand-Prieur de Boheme. Cetterule reiniit luisant les vœux St les intentions du Grand-Maître.
A la fin de F année Don Henri, Roi de Portugal, communiqua au Grand-^
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