DE MALTHE. Lrv. XXL Chap. Vil. 177.Croix & de l’Habit de la Religion. Pour que rien ne retardât l’ouvrage, Sun îonparceque l’on craignoit une invasion des Turcs , le Grand-Maître fit frap- V.per de nouvelles monnoyes pour payer les ouvriers. II partagea auffi leshabitans de Malthe en différentes Compagnies, auxquelles il fit prendre les ûpuhl'anarmes. On préposa des Chevaliers pour leur apprendre à s’en servir contre i% 6 Z,juf-les courses & les descentes des Turcs & des Corsaires. qu'à l'an
Vers le même tems Dom Pierre de Vintimilie, Chevalier de la même * 7 2 S-maison que le Grand-Maître, fonda à perpétuité fous le nom de St. Pierre " " " 1
le bois d’une Galere, & affigna pour cela deux - mille écus par an. A sonexemple le Prieur de Venise fit une pareille fondation pour une autre Gale-re , qui devoit porter le nom de St. Nicolas ; & le Commandeur ConrardScheifurt de Merode, de la Langue d'Allemagne, fonda la Commanderiede Breílau.
Ces heureux commencemens de l’administration de Lafcaris furent trou- 1637.blés par la haine qu’avoient conçue contre l’Ordre le Viceroi de Sicile, lePrésident & les autres Officiers du Roi d’Espagne ; non seulement ils refu-sèrent la traite des grains, mais ils ordonnèrent qu’on arrêtât dans les Portsde l’ííle tous les Vaisseaux de Malthe qui y entreroient. Le sujet ou le pré- 'texte de leur mécontentement venoit de ce que les deux Couronnes de Fran-ce & d’Efpagne étant actuellement en guerre , des Chevaliers François,qui montoient des Galères ou des Vaisseaux de France, avoient fait desprises considérables à l’entrée des Ports de Malthe. En représailles la Ré-gence de Sicile voulut faire désarmer deux Galères de la Religion qui é-toient entrées dans le Port de Syracuse, mais le Commandant ayant prévuleur dessein, sortit brusquement du Port. Le Gouverneur, pour le forcerà rentrer, lui lâcha une bordée de toute l’artillerie du Château, mais malgréses cannonades le Commandant prit le large & retourna à Malthe. Cetteconduite du Gouverneur causa une surprise générale , sur-tout en Italie,dontles côtes avoient été depuis si longtems protégées contre les ravages desTurcs & des Corsaires. On dìsoit que les Galères de Malthe n’avoient ja-mais essayé des coups de canon que de la part des Corsaires & des Infidèles;
& que les Espagnols, si bons témoins des services que l’Ordre avoit rendusà leur Souverain pour la défense de ses Etats, le payoient d’une noire in-gratitude. Le Duc de Montalte, Viceroi de Sicile, en eut tant de honte,qu’il désavoua le Gouverneur de Syracuse & blâma son action ;& pour don-ner plus de satisfaction il promit de laisser sortir des grains pour Malthe,bien - que ce qui se paílà dans la fuite fît voir que ce ne fut jamais son in-tention.
Avouons cependant que le Viceroi & le Roi son Maître avoient de justes Vartîaiitèsujets de se plaindre de l’Ordre, qui permettoit aux François décroiser dans < lu Grand*le canal de Malthe, & d’y faire des prises fur les Espagnols. On se plai-gnoit hautement que le Grand-Maître connivoit à cela, & on le soupçon- prancc.noit fortement de favoriser la France sous main. Pour se laver de ce blâ-me, un François avant conduit un Vaisseau Algérien à Malthe, le Grand-Maître lui défendit & à tous les C hevaliers de prendre les armes contre lesPrinces Chrétiens. II en écrivit même en termes très-forts au Roi de Fran-
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