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Section parut deux’ jours après, & l'on ne -douta point que ce ne fût un espionV. envoyé par les Turcs pour recónnoîrre Té'tat de ' rifle. Cette avanturûHifhire/te donna au Gfand-Maître l’idée d’envoyer: quelque homme de confiance àìktmsl'an Ooustantinopte même,pour être parfaitement inílruit des desseins dú Grand-isss*,/«/■ Seigneur. /
qu'î c« H il jetta les yeux fur un Marchand, nommé André Veran, natif de Pro-2723. vence, qui partit fur un Bâtiment chargé de marchandises. II débarqua' d’abord à Napoîi de Romanie, Capitale de la Morée, où te Capitaine-Gé-néral de la République de Venise lui apprit que l’armement des Turcs étoïtdestiné contre les Vénitiens. Passant delà aux Dardanelles, Veran fut in*formé que les Turcs avoient déclaré la guerre à la République de Venise.Arrivé à Constantinople , il vit le Comté Defaifcurs, Ambassadeur deFrance, qui te prit fous fa protection, & finforma au juste de tous lesdesseins de la Porte. Cependant tes Chevaliers arrivaient de toutes partià Malthe, & amenoient tous avec eux quelque secours, & les Vaisseauxde la Religion joignirent lés Galères du Pape. Veran revint à Malthe ,- &on reconnut par le rapport de touc cé qu’il avoir vu, que le Grand-Seigneurn’avoit point eu de dessein contre Malthe, ou qu’il avoir été détourné decette entreprise par la connoissanée dû bon état où elle fe trouvoít par lesfoins du Gránd-Maître, & du grand nombre de Chevaliers qui s’y étôìentrendus de toutes parts.
1715. L’an 1716, tes Vénitiens demanderent du secours au Grand-Maître côtí*tre les Turcs; il leur accorda cinq Vaisseaux & quelques Galères, qui ayantpoursuivi trois Vaisseaux Corsaires de Barbarie, en prirent un de cinquan-te-quatre canons & de cinq-cens hommes d’équipage, qu’ils amenerent àMalthe, avec quatre Saïques chargées de tomes fortes de provisions. Peaaprès il s’éleva des'disputes entre tes Commandans des Escadres auxiliaires';le Pape les termina en donnant le titre de son Lieutenant-Général au Com*mandant de l’Efcadre de Malthe.' Cett-e Escadre enleva plusieurs BâtímensTurcs chargés de marchandises, qu’elle conduisit à Corfou, où le Cheva-lier de Langon , qui commandoit l'Escadre du Pape, fe trouvoít, ayantaussi remporté plusieurs avantages fur les infidèles.lN7- L’année suivante, les Vaisseaux de la Religion, renforcés de deux Fré-gates & de quelques Bâtimens legers fe remirent en mer pour .rejoindreles Alliés. Un Armateur Malthois coula en ce tems-là un gfos Vais-seau Turc â fond, & sauva une partie de l’équipage. Peu de tems aprèsles forces auxiliaires livrèrent combat aux Turcs ; les Vaisseaux des In-fidèles ayant été fort maltraités, ils prirent la fuite après deux heuresde canonnade de part & d’autre. Le Bailli de Belle-fontaíne, qui com-mandoit farinée navale, fe signala extrêmement dans toute cette campa-gne, & fut reçu à son retour avec. beaucoup de distinction par le Grand*Maître.
,718. II n’arriva rien de fort remarquable en 1718. A-la-vérité l’Efcadréde la Religion se remit en mer, augmentée du Vaisseau le Saint-Jean,
& alla joindre la Flotte Vénitienne. Mais les Turcs s’étoìent rallentis,