HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 5
Louis XII. souhaitoit d’avoir des enfans, & d aurreg 61^ de ^vill.
kesoienr delìrer la cassation de son mariage avec Jeanne de < .? , Li régné de
Louis XI. II avoit besoin du Pape pour cette affaire , & L ° uis *g ;
eût un plus propre à le faire réussir qu Alexandre VI. Ce Pape ^ x^uis f ait
de bien pourvoir César Borgia son bâtard, qui avoit remis le . Cst j er ç m
Cardinal, pour prendre le parti des armes. II nomma pour ses Co mriage.
res Louis d’Amboife Evêque d’Albi, & Ferdinand Evêque de eu a,dans la fuite le Cardinal Philippe de Luxembourg, Les Historiens Françoisdisent assez généralement, que la Reine Jeanne, qui étoit bonne « pieuiene s’opposa point au divorce, mais il paroit par les actes du procès, quecela n’est nullement vrai, elle défendit la validité de son mariage de toutson pouvoir ; mais quand elle vit que ses efforts étoient inutiles, e e esoumit patiemment à la sentence de divorce. Le Roi lui donna 1 uiutruidu Duché'de Berri & de quelques autres Seigneuries, dont elle emploiailesrevenus en bonnes oeuvres, & passa le reste de ses jours d’une maniéréexemplaire & tranquille (a). César Borgia recueillit le fruit de la complai-ra) Annal, de France, Procès du Divorce de Jeanne de France. Da ClwHist. de Louis XI.
tombe, dès qu’onsait que le pere du Duc la demanda pour lui aussitôt qu’elle fut née,Je contract ayant été signé le 10 de Mai 1464 (1). Ce contract fut renouvellé ea147Z, & le Roi donna à la Princesse pour dot cent mille écus d’or. II étoit impossiblede prévoir, quand on signa le premier , que la Princesse seroit difforme & malfaite. 11est certain que le Duc auroit évité de l’épouser, s’il avoit osé ; mais ses amis lui con-seillèrent de ne pas irriter un Roi, dont la colere coutoit ordinairement la vie à ceuxqui en étoient les objets. 11 fut ensuite fort en faveur auprès du Roi, qui eut beau-coup d’induigence pour ses désordres, quelques-uns disent, que c’étoit par malignité,dans l’idée que s’il succedoit jamais â son fils, son régné seroit encore plus odieux qusle sien (2). Dans fa jeunesse le Duc d'Orléans se lia d’une étroite amitié avec Georged’Amboife, qui devint son seul confident, après la mort de François Comte de Dunois& de Longueville, arrivée le 25 Novembre 1491. 11 procura à d’Amboife d’abordl’Archevêché de Narbonne, & ensuite celui de Rouen, dans son Gouvernement deNormandie. 11 se plaignit de Charles VIII. parcequ’en demandant un Chapeau de Car-dinal pour Briçonnet, Evêque de St. Malo, il n’en avoit pas aussi demandé un pourd’Amboife son Favori (3% H donna encore d’autres sujets de mécontentement au Roi.Au lieu d’envoyer à Naples les Troupes qui venoient de France, comme Charles le luiavoit ordonné, il les retint auprès de lui, & bien loin de continuer à vivre en bonneintelligence avec Lodevic Sforze, ainsi que le Roi le lui avoit aussi recommandé, il selervit des Troupes qu’il avoit pour surprendre Novare, ce qui fit entrer Sforze dans laLtgue formée contre le Roi, & ruina cette expédition. S’il perdit par là les bonnes grâces«e Charles, il auroit pu les regagner en reprenant cette entreprise, le Roi aiant voulue mettre à la tête de son Armée pour la seconde expédition, & qu’ii conquît le Milanéspour lui-meine. Mais il s’en excusa, prévoiant par la mauvaise santé du Roi, que ce^rrnee^ne vivroit pas longtems. Charles pénétra ce motif, ou d’autres le lui firent sen-daiìs^ ' indisposa contre le Duc; & comme nous l’avons remarqué dans le texte,co - e temS à mort du Roi, il étoit dans une efpece de disgrâce. Ce fut pour lapour sa ° U P ? Ur en fc ^ acer ' a mémoire qu’il fit de si magnifiques funérailles au Roi, &ïeupie S ê àTa f peu *’' e ' ^ eu lui-même la dépense, quoique selon l’usage ce sût aux
(}) Vie du Caïd, d’Amboife L. X.(4) Là-mcmc.
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