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Section fiance de son pere, le Roi le fit Duc de Valentinois, & lui fit éponfe rVUL Charlotte d’Albret (a ), qui étoit fa propre parente. C’eít ainfi qu’une af-Louis XIL ^ire qui pouvoit avoir bien des difficultés fut terminée plus aisément &—' plus promptement qu’il ne pouvoit naturellement s’y attendre , mais lesPrinces font bientôt b’accord, quand ils y trouvent leur intérêt. Ce sudl’appréhension du divorce qui excita-quelques mouvemens dans Paris, lafeule ville de France dont les habitans confervoient quelque affection pourla mémoire de Louis XI. qu'ils firent paroitre en s’intéreíiant pour fa fille.Il épouse Le but du Roi en fefant déclarer son mariage nul, étoit d’époufer laAnne de veuve <j e son prédécesseur. Cette importante affaire ne fut pas moins14*99 6 * promptement finie, les Traités & le Contract nécessaires aiant été conclus& signés, la cérémonie du mariage fe fit le 8 de Janvier 1499. Dès queleurs Majestés eurent fait leur entrée à Paris, le Roi ajouta au titre de Roide France ceux de Roi des deux Siciles & de Jérusalem, & de Duc deMilan & de Bretagne ; il prit les deux premiers comme héritier de la Mai-son d’Anjou, le troisième du chef de son ayeule, & le dernier en vertude son mariage (b) La face des affaires étoit bien changée en Italie. LePape étoit tout-à-fait dans fes intérêts dans Tefpérance d’en tirer de l'a-vantage; le Roi gagna les Vénitiens en leur promettant une partie duMilanés; & pour s’affurer un plus heureux succès que son prédécesseurn’avoit eu en Italie, il travailla à procurer la- tranquillité & la fureté deson Royaume.. L’Empereur étoit entré en Bourgogne, où- fes Troupesfurent battues; cela n’empêcha pas le Roi de conclure une trêve avec l’Ar-chiduc Philippe à des conditions fort égales, & l’Archiduc fit hommage áArras dés Comtés de Flandres, d’Artois & de Charolois entre les mainsdu Chancelier de France (c). Louis confirma le Traité fait avec HenriVII. Roi d’Angleterre, & renouvella ses alliances avec l’Ecosse & le Da*nemarc; & après avoir pris ces précautions, il assembla fes Troupes, &fe prépara sérieusement à son expédition d’Italie (A. George d’Amboife,Archevêque de Rouen que le Pape a volt fait Cardinal pour plaire auRoi, l’aiant déclaré en même tems son Légat en France, empêcha le Roide marcher en personne. L’Armée, qui étoit de vingt mille hommes,fut commandée par Louis de Luxembourg Comte deLigni, Robert Stuart,Seigneur d’Aubigni & Jean - Jaques Trivulee, natif du Mìíànés, qui avoitété au service de Charles Ví-ii (#).
Le Duché Le Duc de Milan avoit pris toutes les mesures nécessaires pour fe biende Milan défendre; ses Places étoient en état de défense, ses.Troupes nombreuses,conquis par à ['issue de la guerre auroit pu être incertaine, fi ce n’est qu’un Prince%leT S rl universellement haï est aisément défait,. quand on Patraque à forces égales^miens, Sforze n’avoit tenu parole à personne, & personne ne lui garda la foi. LesVénitiens qui dévoient avoir le Pays au delà de l’Adda,s’en rendirent maî-tres en huit jours. Les François n’agirent pas moins brusquement. No-
(a) Guicciardin, Bslcar. L. III. Daniel (Ô Léonard T. I. Daniel.
T. IX. p. íag. (d) Daniel ..
(L) D’Jrgentrú Hist. de Bretagne, Me. (s) Annal, de fiance, Guicciardin,
■ zerofa. Daniel, GelaisDaniels. .