HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII. 7
riage fut conclu à ces conditions,que le Roi céderoit toutes ses patentions Sectionfur le Royaume de Naples aux enfans qui naitroient decemanage; que xiihPour le dédommager des dépenses de la guerre Ferdinand lui £ oui / XIL
nulle ducats d’or annuellement pendant dix ans; & ce qui lui ut veaucoup d’honneur, il stipula que les Seigneurs Napolitains que e Grand f„ desCapitaine avoir fait arrêter, seroient mis en liberté, qu’eux L les autrtS G ^ ai ff equi avoient suivi le parti de France seroient rétablis dans leurs biens, Ges deFoix?aíconjonctures du tems déterminèrent Ferdinand à souscrire à ces conditions, Ferdinand& le Roi eut soin de les lui faire accomplir (a). Ce fut-là une des plus épouse.mémorables révolutions politiques de ce tems-là.
Dans 1 s tems de la dangereuse maladie du Roi en 1505, la Noblesse de Jr™**France envisagea avec appréhension les conséquences du mariage de Ma- £ lalld ^ ttdame Claude avec l’Archiduc Charles, par lequel on lui donnoit non feu- Cmtlsornent les Etats que le Roi avoit en Italie , mais encore le Duché de d ’j n goulï-Bretagne & d’autres Domaines considérables dans le Royaume. On fit donc me.de modestes représentations Iá-dessus au Roi, qui convoqua les Etats a "20.Tours pour le mois de Mai. Là il écouta leurs remontrances , & ceLesdes Etats de Bretagne plus intéressés encore dans 1 affaire, & après muredélibération, ìl consentit à la rupture de ce mariage (b), & fit fiancer laPrincesse Claude au Comte d’Angoulême. C’est ainsi qu’il se vengea luth-samment de toutes les injures que lui avoit faites la Maison , d Autriche ;mais en même tems il fit voir qu’il savoir comme elle rompre les Iraités.Maximilien ne put faire éclater son ressentiment, par les circonstances oùìl se trouvoit, & Philippe mourut avant que d’avoir le tems de marquerle sien. Mais la sincérité de l’amitié que ce Prince avoit pour le Roi pa-rut, en ce qu’il le nomma Tuteur de son fils Charles, & Louis réponditparfaitement à fa confiance (c). Ferdinand aiant fait un voyage à Naplesremplit ponctuellement ses engagemens envers le Roi. A son retour, étantarrivé au port de Genes, il ne voulut pas descendre à terre, & dit aux dé-putés de la République qui l’allerenc complimenter à son bord, qu’il appre-noit qu’il y avoit des factions dans leur ville, & que quelques-uns d’entreeux pensoient à se révolter contre la France, mais qu’ils n’y trouveroientpas leur compte, & qu’ils ne dévoient attendre aucun secours de lui. Cequ’il avoit prévu arriva, le peuple se souleva contre la Noblesse, créa huitTribuns, déclara Duc un Teinturier, nommé Paul de Nove, chassa leGouverneur François, & se saisit des Places tout le.long de la Riviere deGenes (d).
La conservation de ce que la France possedoit en Italie, & l’honneur de L‘ Roi t as 'la Monarchie dépendoient de s issue de cette révolte. Le Pape oubliant sj t ^ c ° rsla protection qu’on lui avoit accordée en France sous lé Pontificat d A- ^07.lexandre VI, ék les grandes obligations qu’il avoit au Cardinal d’Amboife,ctoit le principal auteur de la révolte, l'Empereur y avoit contribué aussi,
íí, Gwcciaráin , Marlana, Ferreras. (e) P. d’Angler. Egist. Mczeray . Daniel
Damai - Nouv. IM. de Bretagne, & al. ,
(d) Guicciardin , St, Gelais , Seijsel.