Section
VIII.
Le régné deLouis XII.
RêdiifHonde Genes.
8 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
& les Pifans l’encourageoient & I’appuioient de leurs Troupes (<j). Auffi-tôt qu’on apprit à la Cour ce qui se paíïoit à Genes, le Cardinal fit sentirau Roi, la nécessite de passer en personne les Alpes, pour réduire Genes& conserver Milan. Mais la Reine qui avoit un grand pouvoir fur sonesprit, s’y opposa de tout son pouvoir, non seulement par tendresse pourlui, mais auíîì parcequ’elle ' pensoit que cette expédition augmenteroit lecrédit du Ministre & l’affermiroit (S). Au lieu de fatiguer son Maîtrepar des instances réitérées, le Cardinal pressa les préparatifs de guerrede façon, qu’au Printems, il eut une Armée nombreuse avec de bonsOfficiers, une quantité surprenante d’Artillerie, & les plus habiles Ca-noniers de l’Europe, qu’il avoit fait venir de tous côtés (r). Cela as-suroit tellement le succès de fentreprise, qui ne pouvoit qu'être glorieu-se, que Louis ne résista point à l’envie, de commander en personne,ce qui grossit l’Armée, de toute la jeune Noblesse du Royaume, à titrede Volontaires ( d).
Les Génois comptoient fur la situation de leur ville, fur un Fort quidéfendoit les défilés des montagnes, & fur leur nombre. C’est ce qui lesempêcha de fe prêter aux ouvertures que le Roi naturellement bon leurfit faire, parcequ’ii auroit voulu éviter d’en vènir aux voies de rigueur.Quand il vit qu’il falloit les emploier, il donna le commandement d’uncorps de son Armée à d’habiles Capitaines, qui forcerent les passages, <Starrivèrent bientôt à la vue du nouveau Fort, après que le Roi les eutjoint. Ce Fort étoit de difficile accès, & les Suisses aiant été comman-dés pour l’attaquer, refusèrent de marcher (e). Mais quand ils virentl’Infanterie Françoise monter à l’assaut,& que la premiere ligne étoit touteentiere de Seigneurs & de Gentilshommes qui donnoient courageusement,ils les soutinrent avec beaucoup de valeur, ce qui contribua à ìa prise duFort. Les Génois en furent si découragés qu’ils envoyerent des Députésau Roi pour capituler, cependant ils ne laissèrent pas de tenter de sur-prendre son camp (/). Mais ils avoient affaire à des gens qui connois-foient parfaitement leur caractère; deforte qu’ils furent repoussés. Le Roirefusa de donner audience aux Députés; le Cardinal d’Amboise, qui lesreçut, leur déclara, qu’il n’étoit point question de capitulation, «St qu’ilsn’avoient d’autre parti à prendre que de se rendre à discrétion, à quoi ilsfurent forcés de fe résoudre. Après qu’on se fut assuré des principauxpostes, & qu’on eut désarmé les habitans, le Roi entra, le 29 d’Avrildans la ville, à cheval entouré de fa Garde, avec un air de fierté & d’in-dignation, & l’épée nue à la main, mais on voioit fur fa cotte d’armes unRoi des Abeilles environné de son essaim, avec ces mots, non utitur aculesRex cui paremus (g). Après avoir tenu les Génois dans la frayeur pendanthuit jours, le Roi déclara que bien que par leur révolte leurs corps & leurs
biens
fa") Annal, de France, Mezeray. (e) St. Gelais , d'Anton Hist. de Louis XII.
ÒO Cuicciardin , P. j ove, Daniel. (J) Guicciardin L. VII, Daniel .
(c) Vie du Card. d’Amboise L- IV, (g) Mezeray, Hernult,
(d) Le Gendre, Daniel .