g-ECTTOK
VIII.
Le reçue deLouis XII.
Le Maré-chal Tri-vulce pus-se le PapeÊf se s Al-liés.
J511.
14. HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Le Pape devenu Général d’Armée eut l’honneur de prendre Mirandoleaprès trois mois de siégé, & pour faire voir combien il s’en applaudissoit,il v entra par la breche en vainqueur (a). Peu de tems après le MaréchaldéChaumont mourut d’une maladie de langueur, qu’il regarda comme uneíFet du poison. II n’avoit que trente-huit ans, & étoit néanmoins Ma-réchal & Amiral de France, Gouverneur du Milanés & de Normandie,& un des plus habiles Capitaines de son tems. Le Maréchal de Trivulcese trouva par cette mort chargé du commandement de l’Armée Françoise
(b) Dans ces entrefaites, Ferdinand le Catholique, fous prétexte dezeíe de religion, & du respect qu’íl avoít pour le Pape, obtint qu’on tien-droit une espece de Congrès à Mantoue pour traiter de la paix, mais cettenégociation n’aboutit à rien. L’fimpereur & le Roi firent citer par lesCardinaux de leur parti le Pape au Concile général, qu’ils convoquèrent àPise pour le premier jour de Septembre. Le Maréchal Trivulce s 'etantavancé avec son Armée vers Boulogne, le Pape se retira à Ra venue, &Boulogne ouvrit les portes aux François, qui taillèrent une partie de laGarnison en pieces. Auflitôt après le Maréchal etant sorti fur 1 Arméedu Pape & des Vénitiens la mit en déroute, & auroit pu aller toutdroit à Rome, mais il savoit que le Roi étoit toujours porté à la paix
(c) Çette modération ne fit aucune impression fur le Pape, qui malgréune maladie qui le réduisit à l’extrémité, & quoiqu’ilfut presque à la mercides François, ne perdit rien de son courage, & continua dans son obsti-nation. II négocia avec Ferdinand & avec les Suisses, excommunia leConcile de Pise & tous ceux qui y adhéroient, & déclara la guerre auxFlorentins II convoqua aussi un Concile à Rome, & ses Emissaires cau-sèrent tant d’embarras à ceux qui écoient assemblés à-Pise, que pour leurD ropre fureté, ils transférèrent le Concile à Milan (d). Tout cela venoitminci paiement de l’irrésolution de Louis, qui depuis la mort du Cardinald’Amboise écoutoit trop la Reine, qui regardoit la guerre contre le Papecomme un sacrilege. Cela fut cause , que sans abandonner le Concile,qu’il avoit fait assembler pour intimider le Pape, il ne l’appuia jamais com-me il falloit L’Empereur étoit encore plus inconstant que le Roi, il au-xoit voulu transférer le Concile dans ses Etats, non seulement pour fairedéposer le Pape, mais pour se faire élire en fa place (c). Pendant que cesdeux Princes sc conduisoient d’une si étrange façon, le. Pape fit publier so*kmnctlement le Traité qu’il avoit fait avec Ferdinand & les Vénitiens, au-que! il donna le nom de Sainte Ligue. Les Suisses firent une invasion dansle Milanés y brûlèrent quatorze ou quinze villages, & ensuite se retire-rent dans leur Pays. Quelques-uns attribuent leur retraite à la conduite deGaston de Foix Duc de Nemours, qui les harassoitcontinuellernenc par depetits détachemens de Cavalerie. Mais il y a plus d’apparencequ’iis jugè-rent avoir fait assez j leur grand but n’étant pas de chasser les François,
{a) La même, Guicciardin, Daniel. (A Bcmhe, Rctynaii. Daniel.
( b ) St. Gelais, Brantôme- (c) Monita Poutica ad S. J. R. Prínci.
(c) Hist. du Chvv. Bjyard, Perron, de pes , Fiancof. 1609 Mariana L, XXX.
reb. gest. Gallor. Daniel.