HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIIL i 3
benoit de monrer sar le trône d’Angleterre. 11 gagna aussi les Suisses, Sectionqui étoient fort irrités du refus que le Roi avoit fait d augmenter eurs ^ ^etU
pensions comme ils l’avoient demandé ; Louis ne s en inquiéta. gueres, l ouìs xii,
parcequ’il avoit fait un Traité avec les Communautés du Vallais ex ee »-—
les des Grisons, qui dévoient lai fournir des Troupes aux me mes con-
ditions que les Suisses (a). La mort du Cardinal d’Amboife arrivée aLyon le 25 de Mai fut un sujet de deuil public, pareequ il étoit ega-kment chéri du Roi & aimé du peuple (b). A la persuasion du Papeles Génois tentèrent de se soulever, mais fans succès; les Suisses entre-prirent d’attaquer le Milanés, mais furent obligés de se retirer, on futredevable de l’un & de l’autre à la rare prudence du Maréchal de Ciiau-mont. Le Pape donna l’inveítiture du Royaume de Naples à Ferdi-nand , & fe contenta au lieu du tribut ordinaire d une Haquenée blanche,qu’on lui présenteroit tous les ans, en même tems il déclara le Roi deFrance déchu de son droit sur le Royaume (c). Nonobstant cela leRoi, qui étoit las de la guerre , travailla de tout son pouvoir à faire lapaix, mais le Pape le traversa, & fit même mettre en prison un Agent duDuc de Savoye, qui lui proposoit d’accepter la médiation de son Maître,
& le traitant d’espion il lui fit donner la question (d). Louis volant queles voies de la douceur étoient inutiles, convoqua une Assemblée généraledes Evêques de France à Tours, dans laquelle il fut décidé, qu’il étoitpermis de faire la guerre au Pape, & de s’emparer des terres de l’Eglise,quand il étoit l’aggresseur, qu’en ce cas-Ià ses censures étoient nulles, &ne lioient point. On fit défense de faire passer désormais de l’argent àRome, & on y aíììgna au Roi un gros subside sur les biens Ecclésiastiques,asin de le mettre en état de fe défendre contre le Pape (0). L’Empereurfit un nouveau Traité avec le Roi, par lequel celui de Cambrai fut con-firmé, & ils convinrent, de procéder en cas de besoin à la convocation*d’un Concile Général pour mettre le Pape à la raison. Jules pour fairevoir que cela ne l’effrayoit point excommunia le Duc de Ferrare, & vintà Boulogne pour faire des préparatifs afin d’affieger Ferrare; il pensaêtre enlevé par le Maréchal de Chaumont (/). Aiant été obligé derenoncer a son entreprise sur Ferrare, il fit investir la Mirandole , quoiquequelques Cardinaux mécontens de fa conduite se fussent retirés à f loren-c e. Dans cette expédition il manqua d’étre pris par le Chevalier Bayard.
Cela joint au mauvais état de fa santé, ne l’empêcha point de venir en per-sonne pour presser le siégé, il se logea à la portée du canon de la Place,
& visitoit les tranchées. Le Roi tout au contraire se lassoit de plus enplus de la guerre , qui étoit devenue fort onéreuse , & exposoit ses Etatsd Italie, les Génois aiant conspiré une seconde fois, deforte qu’il falloit-une Flotte dans la Méditerranée pour tenir leur ville dans le devoir (g).
(à) Vie d’Amboife, 1. c.
OÒ Là-mème, Daniel.
(c) Guìcc jardin, Bembe & ai.
(d) í'erron. de reb. Gest. Gallor. ]DanisU
Labbei & Cossarti.
(/) Guicciardin , Daniel.
(§) Vie du-Chevalier Bayard Ch. 43-'
(e) Act. Concil. Turon. T. XIII. ConciU
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