i<5 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIH.
Siction apparences cette victoire auroit rempli les espérances du Roi, fi le Ducvill. de Nemours après savoir remportée en grand Capitaine, ne s’étoit hazar-Le régné de dé en jeune Avanturier. Un corps de quatre mille Espagnols se retiroitLouis XIL en ^,on ordre, il les attaqua à la tête de trente gendarmes, & n’aiantpas été soutenu à tems il fut tué. A tous les autres égards la victoire futcomplette ; car à la réserve de ce corps d’Espagnols, tout le reste fut tuéou pris; du nombre des prisonniers furent le Cardinal Légat , le Mar-quis de Pefcaire, Pierre Navarre, Fabrice Colonne, & Don Juan de Car-done (a). Mais la perte du Duc de Nemours dans sa vingt-troisieme an-née, contrebalança bien ces avantages & la prise de Ravenne. Fautede paye l’Armée fe dispersa ensorte que M. la Palisse conduisit à peinequatre mille hommes à Milan ( b ). Les Suisses entrerent avec vingt millehommes dans le Milanés, «St en déclarèrent Duc Maximilien Sforze, filsde Lodevic, mort il y avoit deux ans. Les Génois fe révoltèrent, chas-sèrent les François & choisirent Jean Fregofe pour leur Duc. Henri VIII.fe déclara pour la Ligue; Ferdinand le Catholique chassa le Roi de Na-varre de son Royaume, le Pape jetta un interdit sur la France, & offrit\ à Henri VIII. le titre de Très - Chrétien, & même le Royaume de Fran-
ce, s’il vouloit en entreprendre la conquête (c). Dans cette fâcheusesituation la Palisse se montra habile Politique ; il rendit la plupart desgrandes villes à ceux des confédérés qui y avoient le moins de droit, & àqui elles n’étoient pas de grande utilité, dans l’espérance de mettre la di-vision entre eux, ainsi que cela arriva, mais pas assez promptement pourque la France en retirât de l’avantage (d).
M , Le Pape , qui fe voioit au plus haut point de prospérité, entreprîtJulesir/á d’accommoder les Vénitiens avec l’Empereur, c’està-dire d’engager la Ré-qui LéonX. publique qui avoit réparé ses pertes, de faire ce qu’elle avoit offert danssuccédé. j e tems de fa détresse, & de céder à l’Ëmpereur les Places qu’íl reclamoit;15I 3* mais elle le refusa nettement, L préféra la neutralité. Jules en conçuttant de dépit, qu’il mourut (?).' Le Cardinal de Medicis lui succéda fousle nom de Léon X., & se fit couronner le jour, qui étoit l’anniverfaire dela bataille de Ravenne, où il avoit été fait prisonnier (/). II suivit leplan de son prédécesseur, & les Confédérés fe liguèrent pour perdre laFrance de la même façon qu’on avoit projetté à Cambrai la perte des Véni-tiens. Le Pape devoit envoyer une Armée en Dauphins, l’Empereur faireune irruption en Champagne, Henri Roi d’Angleterre entrer en Picardie,& Ferdinand attaquer la Guienne & le Languedoc (g).
/ MUa- Louis avoit en attendant regagné les Vénitiens, dans l’espérance denés rccon- reconquérir le Milanés avec leur secours, & en laissant Ferdinand en pos-quû par Us session de la Navarre, il fit une trêve avee lui, pour avoir le loisir d’agir
François , gjj
qui lereper-
ietms 00 Les mêmes. 00 Hist. du Chev. Bayard , Brantôme
(b) Mem. du Maréchal de Fleuranges, & al.
Hist. de la Ligue de Cambrai. L. III. (e) Bimbe.
(c) Guicciardin , Polyil. Firg. Hall, (f) Arn. Ferrons de reb. gest. Gallor.
ílolingjhed. P. d'Angleria Epiít.
(g) St. Gelais, Brantôme.