HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 43
repoussés en Picardie ; le Comte de Guise & le Duc de Lorraine, eu- ta»rent le bonheur avec une poignée de monde , dé tailler P n,mkn
Paysans Allemands. Retournons à présent au Roi François dans P ^ £î
son, dont nous parlerons succintement, aiant eu occasionde nous y <> Mg» *tendre ailleurs. II s’agit ici de lTIistoire personnelle de ce Monarque V à-Auffitôt après fa prise, les Généraux de 1 Empereur lui rendirent leurs fcrespects, & comme on le peut juger, furent fort bien reçus. Le Duc de Rni f utBourbon même obtint la permission de le voir, il s’encretìnt avec le Roi, tra ité,
& quelques-uns prétendent qu’il se réconcilia avec lui. Celui auquel leRoi fit le. pl US de caresses fut le Marquis de Pefcaire. Au heu devenircomme les autres avec des habits magnifiques, il parut devant ce Prin-ce vêtu d’un simple habit de drap noir & comme en dueil, ot le traitaavec tant démarqués d’un profond respect, que François I. fut cnarmede ce Seigneur , qui passoit pour un des plus grands Capitaines ot desplus habiles Politiques de son tems, mais qui étoit aussi un des hommesles plus rusés (<a). ,
Pendant que le Roi fut à Pisighicone, il fit faire a 1 Empereur des pro- Propojìccmpositions pour fa liberté ; ces propositions étoient de renoncer aux preten- qu U fan à
(a) Brantôme.
cens, quatrevingt-quatorze mille, sept-cens, trente-six écus, & trente deux fols tour-nois. Cette somme devoir être payée en divers termes, savoir quarante - sept mille,trois-cens, soixante - huit écus, dans quarante jours âpres la signature du Traité;une pareille somme le i Novembre suivant, & autant de fix en six mois , jusqu’àce que toute la somme fût payée. Cela fesoit en tout quarante payemens > L parconséquent toute la somme cíevoit être payée en vingt ans. 11 étoit encore convenudans le même Traité , que si Henri mouroít avant que d’avoir reçu rentier paye.ment des deux millions, les arrérages en seroient payés à ses héritiers & successeurs.
Mais s’il survivoic à sentier payement de cette somme, il recevroit pendant sa vieune pension annuelle de cent mille écus , laquelle cesseroit à fa mort. Pour aisii-rer l’observation du Traité , la Régente devoit le jurer soleinnellement en présencedes Ambassadeurs d'Angleterre, & François 1. devoit le ratisser ct le jurer immédia-tement après son retour en Frauce. De plus on dotmoit à Henri pour cautions le Car-dînai de Bourbon, les Ducs de Vendôme & de Longuevílle, les Comtes de Saint Paul,de Maulevrier , de lirienne, le Sire de Montmorenci, les Seigneurs de Lautrec &de Brczé , les villes de Paris, Lyon, Orléans & Toulouse, Amiens, Bourdeaux,
Tours & Rheims. 11 faut remarquer que dans cette somme de deux millions d’écusd’or due à Henri, il n’étoit fait aucune déduction de ce qu’il avoit reçu de François I.depuis Tan izi;, jusqu'è la rupture arrivée entre eux. C’étoit-là tout le profit queHenri fesoit, mais qui n’étoit pas fort considérable, vu le peu d’exactitude du Roi deFrance à faire les payemens. Par utr troisième Traité la Régente s’engageoit à fairepayer à Marie, feur de Henri, Reine Douairière de France, tous les arrérages quilui étoient dûs de fon Douaire, en divers termes, savoir cinq mille écus le jour de lasignature du Traité, & pareille somme de six mois en six mois jusqu’à sentier payementdes arrérages. De plus elle promettoit de la faire jouir de son Douaire à i’avenir. Il yavo lt encore un quatrième Traité, qui portoit que le Roi d’Ecosse ne seroit censé com-pris au nombre des Alliés de la France, qu en cas que les Ecossais ne commissent au-iTéio'so â'ûosiilité après le 25 de Décembre suivant. Eníìn par un cinquième Traité,nue le ,j 0nv , e , nu que ia Cour de France ne consentirait ni directement ni indirectement1 oc d Albanie retournât en Ecosse pendant la minorité de Jaques V.