44 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section tions qu’il avoit fur le Royaume de Naples, fur le Duché' de Milan,IX. f t i r la Seigneurie de Genes, & l’hommage que I’Empereur lui devoir
Derniers p Qur j es Comtés d’Artois & de Flandres ; de l’aider à conquérir lesMasson “de villes d’Italie , fur lesquelles la Maison d’Autriche prétendoit des droits ,Valois. de lui donner une Armée de terre & une Flotte toutes les fois qu’il iroic—r—en Italie en qualité d’Empereur ; enfin , comme il étoit veuf d’épouferr Empereur j a Reine Douairière de Portugal, sœur aînée de Charles V. en tenant lece Prime 1 ' Duché de Bourgogne comme la dot de cette Princesse, qui passeroit auxlui fuit, enfansqui naitroient de ce mariage.(a). L’Empereur rejetta ces propos.njettées de tions , K traita les prétentions fur Naples à le Miianés de frivoles, insi-p.rt ô? nua q U ’ji n’avoit point besoin du secours du Roi, & qu’il ne pouvoit re-àautre. g arc | er C omme une rançon la cession des Domaines fur lesqtiels.il avoit des 'droits incontestables. De son côté il fit proposer au Roi, de lui restituerle Duché de Bourgogne purement ôc simplement, de céder la Provence leDauphine & le Lyonnois au Duc de Bourbon pour les posseder en titre deRoyaume fans obligation d’hommage ; & de satisfaire le Roi d’Angleterre.François I. répondit, qu’il passeroit plutôt toute fa vis en prison , qued’accepter ces propositions (b).
Le Roi con- Cependant il paroissoit assez difficile de le garder, les Princes d’Italiesent à être fe soient des complots pour l’enlever, & si le Pape ne s’étoit laissé intimi-transporté à, & qu’il eût emploie à lever des Suisses l’argent qu’il donna aux Impé-mEspagne. périaux, les affaires auroient bientôt changé de face. Les Galères deFrance étant en mer, il étoit peu fur de conduire le Roi de Genes àNaples par mer. La difficulté de le faire par terre étoit plus grandeencore, pareeque les Princes d’Italie pouvoient l’enlever en chemin. LeViceroi Lannoì leva tous les obstacles, en persuadant au Roi de passeren Espagne sur ses propres Galères, montées par des Espagnols, parce-qu’en s’abouchant avec l’Emperetr, ils pourroient plus aisément Raccom-moder. 11 fut donc conduit en Espagne vers le milieu de Juin ; mais àson arrivée il fe trouva fort trompé ; on le logea dans le Château deMadrid fans qu’il vit i’Empereur. Etant tombé malade d’ennui & de cha-grin, l’Empereur craignit de perdre tout le fruit de fa victoire par famort, ce qui l’engagea à l’aller voir & à Je consoler (r). La Duchessed’Alençon fa sieur, qu’il aimoit tendrement, & qui étoit à tous 'égardsune des plus aimables personnes de son tems, vint à Madrid pour levoir ik pour lui donner fes conseils. En fort peu de tems elle' fe fit tantde créatures à la Cour de l’Empereur, que ce Prince ne savoir comment feconduire. Le Roi fit mine de renoncer à tout, & chargea fa sœur, d’a-bord qu’elle feroit de retour en France de faire proclamer le Dauphin Roi,aimant mieux mourir en prison, que de rendre ses sujets malheureux. Ce-pendant cela cachoit des intrigues pour faire sauver le Roi, pour renou-velles la guerre en Italie, & pour dépouiller Charles V. du Royaume deNaples, & le donner au Marquis de Pefcaire son Général. L’Empereuren fut íi frappé, bien qu’il fût Jui-même grand Politique, qu’il prit la ré-
(a) Mezeray, Daniel ubi su p. p, jptf,Sandovai , yíntonio de Vera.
(c) Mezeray, Daúel.