HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 47
déclaré le Protecteur. Cette Ligue n’étoit que défensive, & SEC ?f"
étoit maître d’y entrer, s’il avoit voulu relâcher les deux_Pnnce P autns ZWv.rdeux millions qu’on lui offroit, & laisser le Duc de Milan r j;mire^ oíí ds laI nnces d’italie paisibles possesseurs de leuis Etats. Le malheur ordi Maison dedes Ligues, c'est que les Puissances contractantes ont toujours leur mteret Vaio.s.particulier en vue, à en tâchant d’y accommoder leurs mesures, us maquent le but de la Confédération en général (a). C’est ce qui arriva danscette occasion, Le Roi cherchoit à obtenir ses enfans sux conditions qu Uavoit proposées, L il vouloit voir ce qu’il y avoit à espérer de ce cote-la, -avant que d’agir contre l’Empereur, qui les avoit entre ses mains, Sa en-teur fut cause que le Duc de Milan & le Pape furent les victimes de 1 af-faire. Le premier fut obligé de se rendre au Duc de Bourbon, & le fécondfut surpris par les Colonnes ; c’eíï ce qu’on auroit prévenu fi le secours deFrance fût entré à tems en Italie {b). t TT . TT „ . p-t, dt
Marguerite, Duchesse Douairière d’Alençon, épousa Henri II Roi J ‘
de Navarre & François I. fit espérer à son beaufrere un puissant secourspour rentrer dans ses Etats (c). Au Printems de 1 annee 1527 , le Rqien-voya à Londres une magnifique Ambassade,composée de] Evêque de lar-bes, du Vicomte de Turenne & du Président le Ville, & ils y conclurentun nouveau Traité avec le Roi d’Angleterre (d). Dans ces entrefaites, leDuc de Bourbon étoit allé attaquer Rome, & bien qu il perdit la vie enmontant à l assant, son Armée sous les ordres du Prince d Orange, s em-para de la ville, 8c de la personne du Pape. Il n’est rien moins que cer-tain que le Duc eût ordre de l’Empereur de faire cette entreprise , la né-cessité seul? semble l’y avoir engagé. Son armée étoit devenue ce qu’é-toient les Compagnies du tems du Roi Jean ; & quelques-uns prétendent,que s’il avoit survécu à la prise de Rome, il auroit marché vers Naples,&fè seroit rendu maître de ce Royaume ou pour lui-même, ou pour faire íapaix avec le Roi de France en le lui restituant (e). Quoiqu’il en soit, lanouvelle de la marche du Duc de Bourbon vers Rome donna lieu à un nou-veau Traité entre les Rois de France & d’Angleterre , par lequel ils s’en-gageoient d’envoyer en Italie une Armée de trente mille hommes de pìé,
& de mille Gendarmes (/). Mais avant que le Pape recueillit aucun avan-tage de ce Traité il fut obligé de consentir de remettre à l’Empereurpresque toutes les Places de quelque importance qu’il possedoit, de payerquatre-cens mille ducats, & de demeurer prisonnier jusqu’à l’exécutionde ces articles.
A la fin le Marchai de Lautrec arriva au commencement d’Août dans i e Mari -le Milanés avec une nombreuse Armée , vers ce tems-là François I. & c hai àtHenri VIII. conclurent un troisième Traité (§). Genes capitula , & se )^s G e,déclara encore une foi,s pour la France, le Maréchal de lautrec conquit^
(a) D u Bel'ai.
w sir:?’ à'
00 Act. P ub . de ^
(«) Sandoval, Mezsray.
(/) Du Tille t Recueil de Traités, -D*»filet 1. £. p. 262.
(ff) Les mêmes.