HISTOIRE DE FRANCE Liv. XXIII.
Sacnos reur le conduisit un peu au delà de Madrid, _ & exigea de fa propre bou-IX. che les plus fortes assurances qu’il accompliroit le Traité. S’écant séparés,Derniers j e f u t conduit avec une forte Garde à la frontière; là il fut échangeMdíon de contre fes deux fils aînés, fans qu’il eût le tems de les embrasser (a). LeValois. Vicomte de Lautrec reçut le Roi, & auíïitôt qu’il eut mis le pied fur fes
-- terres, il monta un cheval Turc fort vite, fur lequel il gagna St. Jean de
Luz au galop. Après s’y être un peu reposé, il alla à Baionne, & y fut
reçu par la Regente & par toute la Cour, avec une joie inexprimable (b).Mesures B signa d’abord les Traités que la Régente avoit conclus avec le Roique le Roi d'Angleterre, & lui écrivit en même tems pour le remercier d’avoir con-prend pour tribué à fa délivrance (c). Les Espagnols le presserent fort de ratifier leTxécim traité de Madrid ; le Roi répondit, que ce Traité intéressoit en bien
SX T ‘ des articles fes sujets, & qu’il ne pouvoit le ratifier, avant que d’avoir
assemblé les Etats de son Royaume. Au bout de deux mois il entra dans]a sainte Ligue, qui s’étoit faite pour borner la puissance de i’Empereuren Italie, pour y rétablir"Ja tranquillité, en un mot pour annuller ce qu’il yavoit de plus dur dans le Traité de Madrid (d). Au mois de Juin le Roireçut publiquement les remontrances des Etats de Bourgogne ; ils lui dé-clarèrent fans cérémonie, qu’il n’avoíf pu faire une aliénation aussi con-sidérable, contraire aux Loix & aux férmens qu’il avoit faits à son sa-cre , & conclurent en disant, que s’il períìstoit à vouloir les mettre fousune domination étrangère, ils en appelleraient aux Etats Généraux du Ro-yaume. Le Víceroi de Naples & les autres Ministres Espagnols fe trou-vèrent à l’audience, & voiant bien qu’on les jouoit, parièrent fort vive-ment, & le Viceroi dit enfin au Roi,que pour ne manquer pas à fa paroleroyale,il ne luirestoit plus d’autre parti à prendre que de retourner au Châ-teau de Madrid, ainsi qu’en avoit usé le Roi Jean en pareil cas. Le Roirépliqua, que le Roi Jean avoit bien fait, qu’jl étoit retourné auprès d’unRoi qui l’avoit traité en Roi, & que lui on l’avoit traité en Espagne d’unemaniéré à peine supportable à un simple Gentilhomme ; qu’il avoit plusieursfois protesté en présence des Ministres de l'Empereur contre l’injuítice desdemandes qu’on lui fefoit. Qu’au reste pour marquer la disposition où ilétoit de satisfaire l’Empereur, autant qu’il lui étoit possible, il lui offroitpour le rachat des deux Princes fes enfans, deux millions d’or, au lieu duDuché de Bourgogne (e).
publication Jufques-là on avoit tenu secret le Traité pour maintenir la paix en Ita-dela Sainte ji ej dans l’efpérance que l’Empereur confendroit à quelque adoucissementLigue * au Traité de Madrid; mais n’y aiant plus rien à attendre, on le publia,pendant que le Viceroi de Naples & les autres Seigneurs Espagnols étoientencore à la Cour de France. On lui donna le nom de Sainte Ligue, par-ceque le Pape en étoit le Chef; le Roi, les Vénitiens, les Suisses;les Flo-rentins & le Duc de Milan y encroienc (/) ; le Roi d’Angleterre en étoit
(fi) Daniel T. X. p. 233. (d) Guicciardin,
(b) L.e même (e) Daniel 1 . c. p. 241.
(c) Mem. de du Bottai L. III, Daniel (f) Recueil de Traités par Léonard,
ubi íup.