HISTOIRE DE PRANCË. Liv. XXIII.
Section
IX.
DerniersRois de laMaison deValois.
personnes
slijiinguées.
Le Roi éta-blit les
grands
Jours.
1531 .
Mort deMadamed’Angoulê-me.- -
les Pays-bas. Les François disent, qu’elle n’oublia jamais l’affront que fuiavoit fait Charles VIII. en la renvoyant pour épouser Anne de Bretagne,& c’est là l’époque à ce que l’on prétend de la haine entre la France & laMaison d’Autriche. Le vieux Duc de Milan mourut en France, où iîavoit passé ses jours tranquillement, pendant que toute l’Europe se dispu-toit ses Etats. Philibert de Châlons, Prince d’Orange, fut tué au siégéde Florence; & cette ville après s’être bien défendue pendant onze mois,fut obligée de recevoir pour maître, de la main de l’Empereur, AlexandredeMedicis, qui avoit épousé sa fille naturelle (a).
Le Couronnement de la Reine, & son entrée à Paris fournirent au peu-ple des spectacles & des Fêtes. Ensuite le Roi jugea à-propos de for-mer une chambre ambulante de Magistrats fermes & intégrés, & les en-voya dans les Provinces tenir les grands jours ; ils jugeoient des crimes fansappel; & ils remédièrent à de grands abus, qui s’étoient introduits, pen-dant la prison du Roi (ù).
Au mois de Septembre mourut Madame mere du Roi, à laquelle l’His-torien de Savoye (c) donne les plus grands éloges. Mais les Historiensde France en font moins prodigues., parcequ’ils considèrent que par fa hainecontre le Connétable de Bourbon, & le Maréchal de Lautrec, elle fut cau-
DeJJeind'ur.ir la
se qu’on perdit deux fois le Duché de Milan ; que par ses intrigues Sem-blançai, un des plus sages & des. plus vertueux Ministres que la France aiteus, souffrit injustement une mort honteuse, & quelle fut la grande pro-tectrice du Chancelier Du Prat, qui étoit d’un caractère bien différent (cl).Ils avouent cependant qu’elle gouverna bien pendant la prison du Roi, quele Royaume lui fut redevable de la paix de Cambrai, dont les peuples a-voient grand besoin;car bien que le Roi d’Angleterre portât une partie desfraix de la guerre, c’étoit en déduction de ce que la France lui devoit, en-sorte que cela ne soulageoit point le peuple.
II y avoit longtems que François L souhaittoít d’unir le Duché de Bre-tagne à la Couronne d’une façon plus solide qu’il ne l’étoit. II consulta,Bretagne h comme i] fesoit sur toutes ses affaires d’Etat, le Chancelier Du Prata mon- orac ] £ , q U j examina la matière à fond, mais quoiqu’il eût le talent desexpédiens, il trouva tant de difficultés, qu’il ne savoir quel moyen con-seiller. Le Roi le chargea alors de conférer avec Louis des Deserts, Pré-sident au Parlement de Bretagne, homme de mérite & d’une grande pro-bité. Le Chancelier lui communiqua les recherches qu’il avoit faites, & lesmoyens qu’on avoit imaginés pour faire réussir l’affaire. Le Président aianttout entendu, dit au Chancelier qu’on ne s’y prenoit pas bien, & qu’ii n’yavoit qu’une feule voie pour réussir, qui étoit de faire demander au Roipar les Etats de Bretagne l’union perpétuelle da Duché à la Couronne deFrance. Le Chancelier fit paroitre fa capacité, en mettant à l’écart toutce qu’il avoit fait & en déclarant qu’il laíffoic la conduite de cette dis-,
ne.
J532.
(a) Guicciardin, Daniel. Savoye.
(b; Daniel I. c. p. 337. (d) Daniel 1 . C,
(cj Guichenon Hist. de la Maison de