54 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section ne paroit point que ni l’un ni l’autre eussent véritablement ce dessein, &ils n’avoient en vue que ce que nous avons dit, & de pouvoir armer parlioiTckla wer & par terre fous ce prétexte, & fans donner d’ombrage (a). L’Empe-Maison de reur les amusa aussi de son côté; il avoit beaucoup d’affaires fur les bras enValois. Allemagne, & ne favoit comment s’y prendre, surtout parceque l’Empe-*-reur des Turcs étoit à la veille de faire une irruption dans les Etats de Fer-
dinand son frere. II emploia la médiation de la Reine fa sœur ; Françoisreçut les ouvertures qu’elle lui fit avec de grandes marques d’affection &d’honneteté, mais fans s’y arrêter. Ces frivoles négociations de pure po-litique répondoient aux vues des deux Parties, qui cherchoient à maintenirla tranquillité, & à fe procurer le tems de prendre leurs mesures, en at-tendant une occasion favorable de faire éclater leurs véritables fentimens.Intrigues Le Roi avoit bien des raisons de croire que la paix ne feroit pas de lon-iiffermes. g ue durée. II n’étoit pas plus content du Traité de Cambrai que de celuide Madrid ; il étoit plus persuadé que jamais de la jutlice des droits qu’ilavoit fur le Royaume de Naples & fur le Duché de Milan, & très-chagrind’avoir perdu la souveraineté de la Flandres, à laquelle il avoit été obligéde renoncer. Outre ces raisons, qui étoient plus que suffisantes, l’Empe-reur avoit pris pour fa fureté des précautions, qui ne pouvoient qu’inquieterFrançois I. II avoit obligé les Princes d’Italie à faire avec lui une Liguedéfensive, c’est - à - dire contre la France. II avoit pris beaucoup de peineà détacher le Duc de Savoye du parti de la France, & pour cet effet luiavoit vendu le Comté d’Ast, qui étoit fort à la bienséance de ce Prince,mais qui étoit depuis longtems le patrimoine de la Maison d’Orléans. Cequi fefoit le plus de peine encore au Roi, c’est que Charles V. négocioitfortement pour détacher les Suisses & les Grisons de l’alliance de France,par le moyen du même Duc de Savoye, qui avoit un très-grand crédit chezles Cantons. Le Roi résolut de faire tous fes efforts pour parer ce coup ;& en même tems, il comprit sagement qu’un Etat est toujours exposé, tan-dis que la principale force de fes Armées consiste en des Troupes merce-naires, deforte qu’il se ; détermina à remédier à cet inconvénient, par réta-blissement d’une Infanterie nationale ; & comme vraisemblablement il pritcette idée dans les conversations avec fes favans amis, il voulut qu’on for-mât cette Infanterie fur le modele des anciennes Légions Romaines, & endonna le nom aux différons Corps (b).
llfaìté>ou- Pour s’ouvrir encore feutrée en Italie, il traita du mariage de son fils/^C^uhai. Henri, Duc d’Orléans, avec Catherine de Medicis, niece du Pape,qu’on-; e , \* n appelloit la Duchesse d’CJrbin. L’Empereur avoit proposé de marier cettefécond fis' Princesse au Duc de Milan; mais quand Clément VII. parla à Charles V.Henri Duc de l’ouverture qu’on lui avoit faite de la part de la France, ce Prince l’ex-d’Orléans- horta à accepter l’offre ’qu’on lui fefoit, parcequ’i! lui paroissoit qu’il étoit1533- impossible que le Roi pensât sérieusement à une alliance si difproportion-née (c). Use trompa néanmoins ; & bien que le Duc de Savoye, pourlui faire plaisir, rendit l’entrevue du Pape & du Roi à Nice impraticable,
(a) Belcar. Daniel T. X. p. 356, 357. (d) Gulcckr.iri, Daniel !. c. p. 364.
{b) Annal, de francs, D miel.