HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 61
Le Roi voulant récompenser les services du Maréchal de Montmorenci, Sectio»m depuis la mort du Chancelier Du Prat étoit son premier Ministre, lui IX.donna l’épée de Connétable, & nomma Montejan & Annebaut Maréchaux RoU ^ ^de France (a). Cette promotion donnoit lieu de penser que le Roi avoit Maison dedessein de continuer la guerre avec plus de vigueur que jamais. Cependant Va lois. ^à la sollicitation du Pape Paul III. il consentit à une entrevue avec l’£m- p ux ^pereur & ce Pontife à Nice, la seule Place qui restoit au Duc de Savoye; tnvues dtauíïì eut-il bien de la peine à consentir d’v recevoir le Pape. L Empereur r Empereurresta á Villefranche, le Pape logea dans un Monastère proche de Nice , & Ê?le Roi a un quart de lieue delà ; les deux Princes ne se virent donc point,
mais ils communiquoient leurs scntimens au Pape, qui conféroic alternati-vempnr - n\ t ^
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l’ancre jusqu’au rivage un pont de cinquante pas ; 1 Empereur 1 alla recevoiau bout de ce pont au sortir de sa gaîere, & en ce moment le pont s etantrompu, ils tomberent tous deux dans la mer; heureusement on lea en tiraaussitôt, St ils en furent quittes pour la peur (c). Le Pape voiant quemalgré tous ses foins il étoit impossible d’ajuster les choses de façon a pro-curer la paix entre Charles V.& François I ,il se contenta de faire ses pro-prés affaires * en fefant le mariage d’Octave Farnese avec Marguerite d Au-triche & en obtenant la prolongation de la trêve pour dix ans, durant la-quelle le Roi demeuroit en possession de ce qu’il tenoit en Piémont, & l’Em-pereur gardoic le reste pour sa fureté (d). Après la conclusion de ce Trai-té , le Roi reprit le chemin de ses Etats, & l’Empereur s’embarqua pourl’Espagne, vers la fin de Juin. Charles V.aiant été obligé par le vent con-traire de relâcher fur les côtes de France, envoia un Gentilhomme de faCour au Roi, qui étoit à Avignon, pour lui témoigner le désir qu n avoitde le voir & de s’entretenir avec lui. Le Roi répondit a cette civilité enlésant paroitre un égal empressement, & il se rendit à Aigues-mortes. Lail régala l’Empereur magnifiquement, ce Prince le régala à son tour dans lagalere, où ils eurent une fort longue Conférence, après laquelle ils se le-pareTent après s’être donné de grandes marques deftime &de cordiahte (s),mais il ne parut pas qu’ils eussent conclu rien d important. Cette finguliereentrevue ne produisit d’autre effet que de donner de 1 ombrage à HenriVIII. q ui ne pouvoit voir de bon œil une réconciliation entre ces deuxPrinces, surtout étant l’ouvrage du Pape, qu’il regardoit comme son en.nemi déclaré. Cette année le Roi lésant son entrée à Laon la pressefut si grande , que j e chancelier Antoine du Bourg , qui selon l’usagedalors l’accompagnoit monté fur une mule, fut renversé, •& foulé auxpieds des chevaux , àt il mourut, II eut pour successeur Guillaumeque sa capacité auroit rendu digne de ce poste, auquel il parvincPar Ion esprit, qui savoit rendu, fort agréable du Roi (/).
(<0 Mezeray.
G) Daniel x. y(î) Là-même." ‘ p ‘
480..
(d) Le même, p. 482.
O) Daniel I. c. p. 4 8 J*
(/} Le même p. 49S- Méserosii.-