HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 7î
roit jusqu’à ce qu’il trouvât son compte à le rompre. François I. auroit Sectioiïpu dans cette conjoncture.s’aliier avec Jes Protestans d’Allemagne, comme IX.le fit son successeur ; mais il en fut détourné par le Cardinal de Tournon ;ce Prélat l’engagea aussi à recommencer les persécutions de religion dans son MaisonRoyaume, ce qui lui causa des troubles chez lui,A le perdit de réputation Valois,au dehors. Cela le détourna en même tems de l’exécution du projet qu’il *
avoir, formé de remedier aux abus inombrables, qui s’étoient introduits fousson régné, par son indolence, ses fréquens besoins & par les conseils demauvais Ministres, abus que son devoir & son intérêt l’engageoient à ré-former.
Au commencement de Tannée suivante, il reçut à Saint-Germain en Laye Mort dsla nouvelle de la mort de Henri VIII, (k le chagrin qu’il en eut fut cause Henri _de la sienne, suivant quelques Auteurs (a). Nonobstant leurs fréquens dé-mêlés ces deux Princes s’aimoient beaucoup & se ressembloient ; à peu près, de^ln^oìsmême taille, même air, même son de voix , & mêmes inclinations ; Henri i.étoit de quelque chose plus âgé. François avoir compté fur son secours; i547-au cas qu’il fut attaqué par TEmpereur,- là mort le fit changer de sentimensà l'égard des Protestans d’Allemagne, & il sentit qu’il falloir nécessairementqu’il se liât avec eux. Mais avant qu’il fût en état d’exécuter ce dessein oud’autres,il fut pris d’une fievre lente, fuite.du mal que les excès qu’ilavoitfaits lui a voient causé. 11 chercha du soulagement en fêlant de Texercice,
& en changeant de lieu, mais ce fut envaìn; comme il alloit d’une Mai-son de plaisance à Tautre, il se trouva si mal à Rambouillet, qu’il se pré-para à la mort ; il l’envisagea avec fermeté, conseilla à son fils d’imiter sesvertus s’il en avoit eu quelques-unes, & d’éviter ses vices & ses foibles-ses, qui n’étoient que trop nombreuses & trop connues (b), II lui recom-manda dans les termes les plus forts T Amiral Annebaut, & de ne pointrappeller le Connétable de Montmorenci ; mais, dit un célébré Historien(c), ce Prince oublia les avis de son pere, avant qu’il fût dans le cercueil.
II mourut le 31 de Mars (d), dans la cinquante-troisième année de sonâge, & la trente - troisième de son régné, universellement regretté de sessujets, malgré ses défauts (*). On ne doit pas être surpris des éloges quilui ont été prodigués, parcequ’il donnoit pension à presque tous les Sa-vans de l’Europe.
(a) Mem. de Langei L. X. (c) Mezeray.
(O Perron, de reb'. geít. Galìor. Mtzeray. (d) Le même, Daniel & al.
(*) François I. étoit d’une taille haute , & assez bien proportionnée. II avoit lefront large, les yeux vifs, le rez long, le teint blanc, & le poil noir. II étoit adroita ses exercices, vaillant, & aimoit fort les armes ;i ). Lorsque Louis XII se mariapour la seconde fois, il remporta beaucoup d’honneur dans un 'lournoi. Au commen-cement de son régné, il arriva que dans un divertissement le Capitaine Lorges Sieur de"fontgommeri le blessa à la tête d’un tison, desorte qu’il fut obligé de se faire tondre,
® qu’il porta depuis les cheveux courts, & h barbe longue, ce qui devint la mode(a). A la bataille de l'avie, il tua de fa propre main le dernier descendant mâle du fa-
Gailor^XW^ ^ !t nella! - Ftrron, de reb. gest. (2) V<isij.KÌer Recherch, L. VIII. C h. i>.