7 o HISTOIRE DE FRANCE. Lnr. XXIII.
Section avec assez peu de fruit, après quoi ils s'en retournèrent dans leurs PortsIX. (g). L’Armée de terre, tous la conduite du Maréchal de Liez, ne fut
Derniers p] us heureuse. II avoit ordre de faire bâtir un Fort qui comman-Maifmi 'de dât le Port de Boulogne; mais il fut fl mal construit, qu’il n’étoit d’au-Va'uis cun usage, & qu’ií fallut le raser. Le Maréchal ne laissa pas de forcer les li-
■-gnes d’Oye, fans profiter de son avantage. Le Roi étoit venu en Picardie
avec le Duc d’Orléans, dans le dessein de se trouver au siégé de Boulogne ;mais la saison étoit si avancée & l’Armée en si mauvais état qu’il n’étoitpas possible de l’entreprendre. Le Duc d’Orléans fut attaqué d’une ma-ladie contagieuse qui regnoit, & mourut le 8 de Septembre, non sanssoupçon de poison ( b ). Le Roi en fut vivement touché. Cette annéese fit l’ouverture du Concile de Trente , où le Roi envoia fes Ambas-sadeurs, qui y furent reçus avec beaucoup d’honneur. Mais cela ne leconsola pas de la perte de son fils, & du peu de succès de la guerre, quilui avoit couté des sommes immenses, aux dépens des peuples qui en a*voient extrêmement souffert. Le Roi en eut beaucoup de chagrin.
Paix entre Le Roi d’Angleterre & lui étoient également lâs de la guerre, & avecla France raison; elle n’avoit répondu à l’attente ni de l’un ni de l’autre , & leur étoitàf l’ Angle, fort onéreuse. La santé de Henri n’étoit pas bonne, & François se sen-‘ tme fí toit affoiblir; leurs sujets souhaitcoient également la paix & en avoienc be-154 ' soin. Nonobstant cela les propositions faites jusques-ici rencontroient degrandes difficultés. François 1 . insistoit fur la restitution de Boulogne, &vouloit que les Ecossois, comme ses Alliés fussent compris dans le Traité ;& Henri ne vouloit entendre ni à l’un ni à l’autre. A la fin on trouva desexpédiens pour le premier article, & Henri consentit au second, à condi-tion que les Ecossois ne lui donneroient pas de nouveaux sujets de plaintes.L’Amiral de France & celui d’Angleterre furent les principaux Plénipoten-tiaires, Òí la paix fut conclue le 7 de Juin à les conditions assez onéreusespour le Roi de France (c). 11 confirma les Traités précédens, reconnut la
validité des anciennes dettes, s engagea à payer huit cens mille écus d’ordans f espace de huit ans, pour la restitution de Boulogne & pour les for-tifications qu’on y avoit faites, & cette ville devoit en attendant rester aupouvoir du Roi d’Angleterre. François i. fut aussi content de ce Traitéque de celui de Crépi ; ils n’étoient ni l’un ni l’autre avantageux & hono-rables, mais ils étoient nécessaires. Ce Prince deíìroit fort de Lisser leRoyaume en furete & en paix. 11 fentoit les fautes qu’il avoit faites, &vouloit les réparer, autant qu’il lui leroit polsible Dans cette vue il visitafes frontières, ordonna de faire réparer plusieurs Places, surtout du côtéde s Allemagne, parceque l’Empereur, sous prétexte de châtier k s Protef-tans, afïcmbloit une grande Armée. Lorsque l’Amiral Annebaut lui avoitdemandé, après la mort du Duc d Orléans, quelles étoient les intentionspar rapport au Milanés, & à la paix, il lui avoit répondu nettement qu’ilne fe croioit tenu à rien fur le premier article,& qu’il oblerveroit le Traitéde paix, si on ne le provo^uoit point; par où so Roi comprit. que ce so-fa) Hall, Holingshed . (c) Bekar. Léonard T. 11. Daniel p. 5 <-z.
(b) Mtzeray, Daniel .