74 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
SacTioN Paul III. qui avoir commencé à négocier un Traité avec le Roi, & d’avoirIX. U n plus fort Parti dans le Conclave, qu’on prévoioit n’être pas éloigné L
I ^ erni 7 s , cause du grand âge du Pape, ils en firent partir sept pour Rome, chargés-Maifm de de faire tous leurs efforts pour avancer les intérêts du Roi & pour traver-Valois. fer l’Empereur (a).
—- La Reine devant accoucher vers la fin de Tannée, le Roi chargea son
Renouvelle- Ambassadeur en Suisse de prier les Cantons de vouloir être Parreins de l’en-líance*avec f ant > LOMme une marque de leur amitié. Ils l’accepterent avec plaisir &les Suisses, envoierent des Ambassadeurs pour assister à la cérémonie du Batême, quise fit au mois de Décembre ; un des Ambassadeurs porta la jeune Princesseà TEglise, & elle fut nommée Claude, comme sa grand-mere. Le butétoit de faire-voir Tétroìte union qu’il y avoit entre la Couronne de France& les Cantons, asm de faciliter le renouvellement de l’alliance à des con-ditions convenables aux vues du Roi. Elle fut effectivement renouvelle?en 1550 (b). 11 n’y eut que les Cantons de Berne & de Zurich qui ne vou-lurent pas y entrer, à cause des rigueurs qu’on exerçoit.en France contre-leurs freres Protestans ; auxquels cela fut néanmoins inutile.
Secours en- Pour donner une nouvelle marque de fa faveur à François Duc d’Auma-voyé en le, son Favori, le Roi le fit Pair de France. On attribua au crédit de cette
Sí'#- famille, & à la politique de ce tems-là, la résolution que prit le Roi d’en-
1548 ‘ voyer au secours des Ecossais une Flotte, qui porcoit six mille hommes deTroupes, fous les ordres du Seigneur d’Essé. La Reine Douairière d'E»cosse étoit fille du Duc de .Guise, & sœur du Duc d’Aumale. Elle avoirsecondé vigoureusement les vues de la France, en s’opposant au mariagede sa fille avec Edouard VI. Roi d’Angleterre,& par là elle avoit engagéle Royaume dans une guerre, qui Tavoit mis à deux doigts de fa perce.L’envoi de ce secours, quel qu’il fût pour les Ecossois en général, répon-doit parfaitement aux vues du Roi, parcequ’il mit ceux qui tenoient pourla France en état d’exécuter le dessein formé depuis longtems, d’envoyerMarie leur Reine, qui n’avoit que six ans, pour être élevée à la Cour deFrance (c); ee qui lui fit perdre T affection de ses sujets, & fut la véritablesource de tous ses malheurs.
Smìéve- Pendant TEté le Roi parcourut la Picardie, la Champagne, la Bourgo-ment en gne, la Savoye, & passa jusqu’en Piémont. II vouloir mettre toutes les-Qmsme. pj aces frontières en état de défense , completter ses Troupes & encoura-ger ses amis en Italie, aiant dessein de faire revivre ses prétentions dansce Pays-là. D’ailleurs il étoit jaloux de Charlequint, qui étoit alors auplus haut point de fa puissance, & il avoit contre lui un ressentiment per-sonnel , plus vif encore que celui de son pere, à cause de quelque mauvaistraitement qu’il avoit reçu à Madrid dans le tems qu’il y étoit en otage.En passant par Moulins, il fit épouser Jeanne d’Albret, héritière de HenriRoi de Navarre à Antoine de Bourbon, Duc de Vendôme. C’étoit cettePrincesse que François I. avoit donnée en mariage au Duc de Cleves, &
(a) Th. Cormeïii rer. Geílar. Henri IJ, (S) Corner. 1. c. Stestler Chron. Eern.régis Galliœ, Libri quinque. De Thou L. Léonard I. IV. De Thou ubi sup.iy. («} Annal, de France, Hall ql aï.