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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 75

que l’Empereur avoic obligé ce Prince de renvoies (a), Pendant que le SectionR oi étoit occupé principalement des affaires étrangères, il s’alluma subite-^ ix.Ment une espece de guerre civile dans le Royaume. Elle commença enXaintonge & dans l’Angoumois, & le feu gagna bientôt la Guienne. La Maison e ucause du soulèvement fut la Gabelle, que les peuples ne pouvoient fous-Valois,frir (b). Le sel étant une production naturelle de leur Pays, qu’ils regar- “dolent comme un bien que la Providence leur accordoit, fans travail, l’im-pôt qu’on y avoit mis leur paroissoit injuste, & l’infolence de ceux qui lelevoient le rendoit insupportable. Le Clergé & la Noblesse n’eurentque peu ou point de part à la sédition ; ce n’étoit pas fur eux que tomboitla charge. Mais le Peuple, bien que cligne de pitié, fe rendit inexcusa-ble, comme cela est ordinaire , par les violences horribles qu’il commitcontre tous ceux qui refusoient de prendre parti avec lui (c). A la fin laflamme gagna jusques dans Bourdeaux. Malgré tous les foins que les Ma-gistrats prirent, ik les remontrances du Parlement, la populace assiégead’abord le Sieur de Moneins, Gouverneur des Châteaux, & l’aiant attirédehors, en promettant de ne point attenter à fa personne, les mutins leMassacrèrent avec un autre Gentilhomme (d). On fit marcher contre euxdeux corps de Troupes, l’un fous les ordres du Connétable, & l’autrecommandé par le Duc d’Aumale. Le Duc passa par la Xaintonge, & fansfaire beaucoup de punitions, il rétablit la tranquillité (e). Mais le Conné-table descendit du Languedoc le long de la Garonne , & bien que la villede Bourdeaux lui eut envoie des Députés & qu’elle ouvrit ses portes, iln’y voulut entrer que par une brèche, aiant fait abattre une partie desmurailles (*). II fit occuper les places & les divers quartiers de la ville parses Troupes, comme si elle eut été prise d’assaut, & plaça son canon auxendroits qu’il jugea convenables. Après une courte procédure, il déclarales Habitans déchus de tous leurs privilèges, qu’il fit brûler ; il fit dépen-dre les cloches, cent des principaux Bourgeois furent pendus & tous lesautres désarmés , la ville fut condamnée à payer deux-cens mille Livres3U Roi, & le Parlement suspendu de ses fonctions (/). Quelques-unsprétendent que ce qui l’animoit surtout, c’étoit la mort de Moneins, quiétoit son parent,- à il y a quelque apparence, car il fit abattre une partiede l’Hotel de ville pour y bâtir une Chapelle, où l'on prieroit Dieu pourle repos de l’ame du Sieur de Moneins, il ordonna que les Jurats avec centnotables Bourgeois déterreroient le corps de ce Seigneur avec les ongles, &le porteroient, chacun d’eux aiant un flambeau à la main, dans l’Eglife deSaint-André. Plus de cinq mille Bourgeois assistèrent à cette pompe funè-bre, portant tous des cierges (g). Le Roi modéra dans la fuite en pîu-

(«) Daniel T. XI. p. 13 .De Thon L.V. (e) Mezeray-

d>) Daniel 1. c. Mezeray. (/) Annal, de France L. VI. De Tfmu

CO Annal, de France, De Thon 1. c. 1. c.

00 De í'hou ubi sup. . (g) Les mêmes, Mezeray.

„ / i p ,,eso ‘êt , Auteur des Annales de France , & témoin oculaire de ce qui fe

P a ourdeaux ne dit rien de cette circonstance ( 1 ). Rem. d h Tr a u.

( 1 ) Annal <?<■ France, L. VI,

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