86 HISTOIRE DE FRANCE. Lív. XXIII.
Sec?:on défaite , qui íit lever au Roi le siégé de Renti. Le Maréchal Strozzi neîX. laissa pas de conserver Sienne (a). M. de Termes fe maintint dans rifleDerniers Corse, & le Maréchal de Brissac se rendit maître d’Yvrée, en quatreMaison l<l de Ì ours - L'Ambassadeur de France à Rome protefla contre, l'invefliture duValois. Royaume de Naples, que le Pape donna à Philippe d’Autriche. Vers la
-fin de l’année la ville de Metz peníà être surprise par une conspiration,
tramée par le Gardien des Cordeliers ; la vigilance & la pénétration duGouverneur la lui firent découvrir. II fit tomber dans une embuscade lagarnison de Thionville, qui s’étoit avancée dans le voisinage de Metz, &il en demeura douze - cens hommes fur la place (b).
La Campa- Le siégé de Sienne fut continué pendant tout f Hiver. Montluc défen-gnesuìvan- à la ville avec autant de constance que de courage; & il engagea les ha*te e ’ì 55 T te ' bitans à braver les efforts des ennemis & la famine, & à risquer tout pourconserver leur liberté. Les partis qu’il y avoit dans le Conseil de France,furent cause qu’on n’envoya aucun secours au Maréchal Strozzi ; la Reine,qui n’eut dans la fuite que trop de crédit, en avoit alors si peu qu’elle nepût soutenir son parent. Ainsi après un siégé de huit mois, la ville deSienne fe rendit (c). Montluc fut consulté sur la capitulation, par laquel-le la ville dévoie être sous la protection de l’Empereur , en conservantses franchises, & la garnison avoir la liberté de sortir avec honneur, maisMontluc refusa de la ligner. Le Marquis de Marignan fut surpris ; maisMontluc persista dans fa résolution, ajoutant, que la République avoit faitune capitulation avantageuse, & qu’il vouloit lui en faire recueillir le fruiten sortant de la ville, mais que lui & fa garnison ne prétendoient ne de*voir leur salut qu’à leur épée, au cas qu’on les attaquât dans leur retraite.Le Marquis jugea qu’une aussi belle défense que Montluc avoit faite excu-sait cette façon de penser singulière, & lui laissa la liberté de faire commeil J’entendoit. Montluc à son retour en France fut fait Chevalier des Ordresdu Roi, ce qui passoit alors pour un grand honneur, & ensuite eut le bâ-ton de Maréchal (d). Le Maréchal de Brissac en Piémont avoit projettele secours de Sienne, avec la petite Armée qu’il commandoit ; mais il yavoit aussi un Parti contre lui, desorte que le projet de cette expédition,qu’il communiqua à la Cour fut rejetté. Miis comme il étoit maître d'a-gir dans son Gouvernement, il surprit Casai le jour du Mardi-gras, dansle tems que les Officiers Impériaux fe divertissant pour finir le Carnaval.Leur Général sc sauva dans le Château, & capitula au bout de quelquesjours (e). Le Duc d’Albe fut envoyé pour commander en fa place. Cenouveau Général prit quelques villes par assaut, fit passer les soldats Ita-liens au fil de l’épée & envoya les François aux galères. Mais. le Ducd’Aumale étant arrivé avec un gros renfort, le Duc reçut plusieurs échecs,& la campagne de ce côté-là finit comme elle avoit commencé, à l’a-vantage des François.
(a) Annal, de France, Montluc 1. c. («) Montluc I. c. De Thon & aï.
(&) Annal, de France , Daniel ubi sup, Ó) ’Th Cormkri Hiit. De Thou.
p. 140. CO Comment, de Montluc, De Thou,