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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 85

bua à faire remporter un grand avantage («). Deux mille hommes cou- Sncnor/chés fur ]e champ de bataille* un grand nombre d’enseìgnes & d’eten* ix.dards, & quelques pieces de canon prises furent des preuves certaines ^de la victoire des François ; & elle auroit été complette , si le Conné - Maison d Stable eut agi avec plus de promptitude. II se souvint peut-être de Valois,la bataille de Pavie, & jugea qu’il y avoit du risque avec une Armée ' °

supérieure en tête, & une forte garnison à dos. Quoiqu’il en soit le Roijugea à-propos de lever le siégé de Renti, & de fe retirer. Cette retraite,disent quelques Historiens, diminua beaucoup de la gloire que le Roi avoitacquise dans le combat. Mais un meilleur Juge queux en pensoit autre-ment, c’esl: l’Empereur lui-même. Un grand Seigneur étant venu lui fairefa Cour dans fa solitude de St. Just, lui dit, qu’il fesoit peindre une Ga-lerie dans son Hôtel, où il repréfentoit la fuite de l’Armée Françoise dedevant Renti ; l’Empereur lui répliqua gravement,* „ il faut que votre„ peintre corrige son ouvrage ; car ce ne fut point une fuite, mais une„ retraite, qui íe fit avec gloire, A en très-bel ordre (b) ". L’Armée en-tra ensuite en’quartier d’Hiver.

Une nouvelle fcene s’ouvrit en Italie. Cosme de Medicis Duc de Tof- Défaite Us.cane, qui avoit agi sous main comme auxiliaire, ou pour mieux dire com- Fonçais enme Feudataire de l’Empereur ■> s’apperçut clairement, qu’il courait autant * talia ‘de risque, fans en recueillir le même avantage, que s’il se déclarait ouver-tement pour l’Empereur, & employoit toutes ses forces contre les Fran-çois. II commença par faire ses conditions avec l’Empereur, & sit ensuitece que son intérêt demandoit, quand il n’en auroit point fait. 11 mit unenombreuse Armée sur pié, & en donna le commandement au Marquis deMarignan, qui prétendoït être son parent (c). Le grand but duDucétoit la réduction de Sienne, où commandait Pierre Strozzi, habile Ca-pitaine, mais malheureux parcequ’il étoit opiniâtre. Le Marquis assié-gea Sienne inutilement, desorte qu’il changea Je siégé en blocus, avecaussi peu de fruit. Strozzi laissa le commandement de la Place à Mont-luc, L entra avec neuf ou dix mille hommes fur les terres du Duc deFlorence. Le Marquis de Marignan le suivit, & forma le siégé deMarciano. Strozzi s’avança pour secourir la Place, & les deux Arméesfe tròuverent campées à peu près de la même maniéré, que celles de l’Em-pereur & du Roi devant Renti (d). La disette d’eau mit Strozzi dans lanécessité de décamper, il s’agissoit de savoir s’il feroit fa retraite de jour,ou s’il la feroic ] a nuit. Montluc qu’il consulta ià-dessus, & dont la va-leur & l’habileté étoient connues, lui conseilla de prendre le parti le plussûr. Mais Strozzi, qui étoit fort chatouilleux fur le point d’honneur, en-treprit de décamper en plein jour, devant une Armée supérieure, aussifut-il bien battu & blessé dangereusement, avec perte de quatre millehommes, de son bagage & de son Artillerie. Ce fut la nouvelle de cette

(A Mem de Tavanes , D miel p. 121-123. Montluc, Daniel T. XI. p. 129.

(6) Ara. de Vera Vie de Charlequint, (d; De Thou 1 . c. Montluc L. 111 . Daniel

Daniel . p. 124. 1. c. p. 131.

(c) De Thon L. XIV. Comment, de

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