88 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section Le Pape Jules IIÍ. étant mort, Marcel II. lui succéda, c’étoit un hom-IX. me d’une vertu exemplaire, & qui avoit une pk-té raisonnable. Des Pa-Derr.iers -p es de ce caractère vivent rarement longtems. II ne jouit du PontificatMaismde st ue vingt -cinq jours, & eut pour successeur Jean Pierre Car.iffe, âgéVdoïs. de quatre vingt ans. II prit le nom de Paul IV, & au lieu de la vie reli-— -— gieuse & des mœurs austères, qui sembloient savoir rendu digue de la
Traité entre ssùare, il affecta la magnificence d’un grand Prince, il avoit deux ne*Paul veux ’ J ean à Charles; il nomma le premier Général de s Eglise. K donnaIV. sc chapeau de Cardinal à l’autre. A peine Pau! IV. suc - i! en possession duPontificat qu’il entra en négociation avec le Roi pour la conquête du Royau-me de Naples, ou plutôt pour en faire le partage. La proposition futtrès- bien reçue à la Cour par le crédit des Princes de Lorraine; !e Cardi-nal afpiroit au Papat, & le Duc de Guise à la Viceroyauté de Naples,d’autant plus qu’en qualité d’héritier de la Maison d’Anjou, il avoit lui-même quelques prétentions fur ce Royaume (a). Las meilleures têtes duConseil n’approuvoient pas ce projet, mais leur opposition ne servit de rien.11 est vrai que le Connétable ne le goutoit pas non plus, & qu’il auroit pule traverser efficacement ; mais il se contenta de faire sentir les fâcheusessuites qu’il pouvoit avoir, n’étant pas fâché d’être défait du Duc de Guise,parcequ’il étoit en grande faveur auprès du Roi. Le Cardinal de Lorrainepartit donc pour Romeasin de mettre !a derniere main à cette affaire, &eut ordre de prendre avec lui le Cardinal de 'Poumon, qui avoit longtemsdemeuré à Rome. Ce dernier y alla pour obéir au Roi, mais protesta en. même tems, qu’il desapprouvoit le dessein pour lequel on l’envoyoit, cequi n’empêcha pas que le Traité ne se conclut au mois de Décembre (b).Mais pour des raisons qui intéressaient les deux Parties, on le tint secret,pour ne pas exposer d’abord le Pape à la vengeance de l’Empereur , &avoir le tems d’engager d’autres Princes dans la Ligue.
Trêve eittre L’abfence du Cardinal de Lorraine laissa le Roi en état d’écouter d’aucresr Empereur conseils. Quelques - uns de ses Ministres & de ceux de l’Empereur s’étancò 9 le Roi. assemblés pour traiter de l’échange des prisonniers, les Députés de l’Ernpe-155& reur demanderent à ceux de France » s’ils n’avoient pas pouvoir du Roi detraiter d’une trêve? La Cour en aiant été informée, & le Cardinal Polé re-nouvelant en même tems ses instances, le Connétable profita de f occasionpour faire donner aux Députés les instructions nécessaires (c). Le Pape,mant été informé par le Cardinal de Tour non de cette négociation, subti-lisa trop ; persuadé que l’Èmpereur & le Roi d’Espagne son fils n’accepte-roient jamais la trêve, qui laisseroit les François en possession de la princi-pale parue du Piémont, de ce qu’ils tenoient encore en Toscane, de cequ’ils avoienc pris en Corse, & dans les Pays - Bas, Paul IV. dissimula, &ne s’opposa point à la trêve, qui fut conclue ie 5 de Février 1556 dansl’Abbaye de Vaucelles auprès de Cambrai, pareeque l’Ëmpereur iôuhaitoic
fort
(à) Daniel I. c. p, 184. Dp Thon L. XVI. (c) Mezeray, De Thm L. XVII. Daniel{b) De Thon ubi íup. ’ T. XI, p. Jyi & là