HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 89
fort de procurer la paix à son fils (a). Le Pape fut fort chagrin de cette Sectionnouvelle, mais il n’en fut pas déconcerté, il résolut d’envoyer deux Cardi- ^ IX.naux, Légats l'un à TEmpereur & au Roi d’Eípagne, l’autre au Roi de France, ii^ le d r e s lapour les féliciter de la trêve, & pour les exhorter à entrer en négociation Maison depour faire une paix solide. Mais son intention en envoyant le Cardinal Caraffe Valois,son neveu, Légat en France, étoit d’engager le Roi à rompre la Trêve, &à recommencer d’abord la guerre en Italie. Ce qui l’y engageoit, c'étoit quesuivant le cours de la nature il ne pouvoit vivre longtems, & qu’il aspiroitardemment à voir la Maison de Caraffe à l’égalité de celle de Medicis, ouau moins des Farneses. Le Cardinal Caraffe ne laissa pas de trouver desdifficultés, le Connétable représenta vivement que la rupture de la trêve é-toit également contraire à l’intérêt du Royaume & à J’honneur du Roi (h).
Elle fut néanmoins résolue par le crédit du Duc de Guise, appuie de la Elle estReine, &, ce qui étoit plus fort que tout, par les sollicitations de la rompue.Duchesse de Valentinois. La Reine deíìroit de voir le Maréchal Strozzison parent employé, & le Duc d’Aumale aiant épousé la fille de la Du-chesse, cette Dame étoit toute dévouée à la Maison de Lorraine (c).
Le Pape pour lever tous les obstacles, fit arrêter l’Agent du Roi d’ERpagne, Taccusant de complotter contre le Gouvernement & même con-tre sa personne , déclara Philippe déchu du Royaume de Naples , & lemenaça de même que l’Empereur de sexcommunication (d). Le Duc d’Al-■ be reçut ordre alors d’entrer fur les terres de l’Eglise ; & le Pape préten-dit hautement que la trêve étoit rompue, ce qui le mettoit en droit dedemander du secours à la France. Le Maréchal Strozzi, & Montluc ferendirent à Rome avec quelques Troupes,le Maréchal de Brissac commen-ça les hostilités en Piémont, & le Duc de Guise se prépara à passer lesmonts à la tête d’une puissante Armée ( e ). Dans ces entrefaites le Roid’Espagne gagna le Duc de Parme & les autres Farneses, en offrant deleur rendre Plaisance. Ainfi quoique le Pape eût répondu de toutes lesPuissances d'Italie, il n’y en eut aucune qui voulut entrer dans la Ligue,
& le Duc de Ferrare fut le seul qui demeura uni avec la France (f). II.est vrai que le Pape sollicita fortement les Vénitiens, & voiant que toutessts sollicitations étoient infructueuses, il les menaça de leur attirer le Turcfur les bras, mais cette menace ne servit de rien.
Au commencement de Tannée 1557 ^ Duc de Guise entra en Italie Le Duc deuvec une Armée de vingt mille hommes, & par Tordre du Roi il conféra f^itaife^a vec le Maréchal de Brissac fur les opérations de la campagne. Le Maré- U i e a p a p’ Sc hal observa, que le Roi avoit deux choses en vue, de secourir le Pape est cepen -fiue le Duc d’Albe serroit de près, & de recouvrer les terres fur lesquel- ^ anl ,
* es h avoit des droits en Italie. II proposa pour réussir à ces deux égards«e porter la guerre dans le Duché de Milan, pareeque cela obligeroit le e Empereur.Duc d’Albe de sortir desserres de TEglise, & rendroit infailliblement le 1557.Roi maître d’une grande partie du Milanés (§). Ce plan étoit si sage,
f«) Les mêmes, Léonard T. II.{p) Danitl 1. c n r o?
CO Mezeray. 1 ê(d) Daniel 1. c. p.
Tome AXXl,
198, 199.
(e) Mezeray.
(/) Comment, de Montluc L, IV. Da-niel I. c. p. 203.
(g) Daniel 1 . c. p. 204.
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