HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 95
cette affaire. Quelques Historiens Anglois assurent, que le Roi Philippe Ssctiompénétra le dessein des François fur Calais, qu’il en donna avis à la Reine ix.Marie, & lui offrit de ses Troupes pour y mettre en garnison, mais qu’onrejetta cette proposition, parcequ’on s’imagina que ce n’étoit qu une ruse Maison **de Philippe pour se mettre en possession d’une si importante Place. Voici Valois.
semble -1 • il ia vérité du sait. La force de Calais consistoit dans fa situation ~’-
& les Forts qui couvroient la Place , & il y falloit par cette raison unenombreuse garnison ; mais comme cela causoit une grande dépense, laplus grande partie des Troupes qui y étoient, avoient été joindre l’Arméede Philippe; tellement que le Gouverneur n’avoìt que cinq-cens hommes,outre deux - cens - cinquante Bourgeois capables de porter les armes. LesFrançois trouvèrent dans la ville une grande quantité de Canon, d’armes,de munitions de guerre èfe de bouche ; mais il étoit impossible de faire uneplus grande défense avec si peu de monde. Aussi lorsque Mylord Wentworth,qui en étoit Gouverneur, que les François appellent Dumfort, fut tiré encause devant les Pairs pour la perte de cette Place, il fut absous (n). LeChâteau de Guines se rendit aussi après un siégé court, mais vif, & lagarnison de celui de Hames prit la fuite , bien que fa situation le renditpresque inaccessible; ensorte qu’à la fin de Janvier il ne resta plus rien auxAnglois de ce qu’ils avoient possédé pendant si longtems en France (b).
Le Duc de Guise obligea tous les habitans Anglois de sortir de Calais , &en donna le Gouvernement à de Termes, qui eut peu après le bâton deMaréchal de France (c) , en considération des grands services qu’il avoicrendus en Ecosse & en Italie.
Durant ces conquêtes, le Roi tenoit à Paris les Etats, ou comme di- Mariagesent d’autres une assemblée des Notables. La Magistrature y forma un du Dauphinquatrième Ordre, qui prit séance entre la Noblesse & le Tiers-Etat. LeRoi demanda trois miilons de Livres qui lui furent accordés fans difficulté co ^
(d). L’Assemblée ne dura que huit jours, & après qu’elle fut séparée, leRoi alla en Picardie avec le Dauphin pour voir ses nouvelles conquêtes, &ìl entra dans Calais comme en triomphe. La Maison, ou comme on com-mençoit à l’appeller la Faction de Lorraine étoit alors prédominante ; <Scpour assurer leur puissance, & la perpétuer en quelque façon les Guises pres-seront le mariage du Dauphin avec Marie Reine d’Ecoíse, & il fut célébréle 24 d’Avril (f ). Mais les Députés, que les Etats d'Ecosse avoient en-voyés pour y aíïìster refusèrent de reconnoitre le Dauphin pour leur Roi;ils payerent chèrement ce refus, quatre d’entre eux moururent avec deviolons soupçons de poison, ce qui jetta quelque ombre fur ce mariage,
A vérifia la prédiction du Connétable, qu’il seroit fatal aux deux nations.
Mais le Cardinal de Lorraine Óc le Duc de Guise , oncles de la Reine,affermissaient pour le présent leur pouvoir. Quelque tems après , ilsobtinrent du Roi pour la Duchesse Douairière de Lorraine la permissionde venir voir à Peronne le jeune Duc son fils. Elle amena avec elle
(a) Holingshed
(b) Annales de France & aï.
(c) Mezeray, Daniel.
(d) Les mêmes, Iíenault.(0 Mezeray.