Section
IX.
DerniersRois de laMaison deValois.
Prise deThionvillc,U autressuccès.
Jj ataille deGravelinesoù les Fran-çois fontbattus.
96 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
le fameux Granvelle , Evêque d’Arras, & le Cardinal de Lorraine ac-compagna le jeune Duc. On ne fait pas bien, quel fut le véritable mo-tif de cette entrevue, mais on croit communément & avec assez de vrai-semblance , quelle fut la source des malheurs, auxquels la France fut de-puis exposée (a). Granvelle apprit au Cardinal, que Dandclot, frerede l’Amiral étoit zélé Protestant. A son retour le Cardinal en informale Roi, qui eut de la peine à le croire. Cependant il ne laissa pas dequestionner publiquement là-dessus Dandelot, qui se trouvoit à son di*ner, il lui demanda en particulier ce qu’íl pensoit de la Messe? Dande-lot répondit d’un ton ferme, qu’il étoit persuadé que la Messe étoit uneimpiété. Le Roi prit un plat pour le lui jetter à la tête, mais s’étantcontenu il le jetta par terre, & en blessa le Dauphin, qui s’étoit avan-cé entre lui & Dandelot. Ce Seigneur fut arrêté , & envoyé prison-nier au Château de Melun (b). Le Pape l’aiant appris fut fort scanda-lisé de ce que le Roi n’avoit pas fur le champ condamné Dandelot aufeu. Le Roi lui ôta la charge de Colonel-Général de l’Infanterie, & ladonna à Montluc, qui étoit attaché au Duc de Guise (c).
Ce nouveau Colonel-Général accompagna le Duc au siégé de Thionville;& bien que ce fût une des plus fortes Places,elle fut prise en dixsept jours,mais elle couta la vie au Maréchal Strozzi, dont le bâton fut donné à deTermes QI). Ce Seigneur eut ordre d’entrer dans le Pays ennemi à la têted’un petit corps de Troupes, en rassurant que le Duc de Guise le soutien-droit. M. 'de Termes s’acquitta de fa commission avec autant de suc-cès que de courage ; il prit Dunquerque & Bergue-Saint-Vinox, poussamême jusqu’à Nieuport. Mais n’apprenant aucunes nouvelles du Duc deGuise ; il fut obligé de faire retraite. Le Comte d’Egmont le suivit avecune Armée supérieure, & le contraignit de donner bataille proche de Gra-velines, le 13 de Juillet. L’Armée Françoise se trouva exposée au feu ducanon de dix Vaisseaux de guerre Anglois, desorte qu’elle fut bientôt endéroute; presqu’un tiers des Troupes resta fur la place; il y en eut autantde pris, & de ce nombre fut M. de Termes lui-même avec plusieurs per-sonnes de distinction (e). Presque tous ceux qui échaperent furent assom-més par les Paysans. Le Duc de Guise vint si bien à tems avec son Arméepour couvrir les frontières, que cela rehaussa fa gloire aux yeux du peu-ple, quoiqu’il y eut des gens qui soupçonnèrent que le Maréchal de Ter-mes & ses Troupes avoient été sacrifiés pour donner du relief ail Duc. L’A-miral Clinton fit une descente en Bretagne avec six mille Angloit ; & s’em-para de la ville de Conquet. Mais ils furent obligés de se rembarquer bien-tôt , parceque le Duc d’Etampes, après avoir mis de grosses garnisons dansBrest & St. Malo, se trouva à la tête de quinze mille hommes de pied &de sept mille chevaux.
En
(n) De Thou L. XX. (d) Mezeray, Daniel I. c. p, 267.
(ft) Belcar. L XXVIII. De Thou 1 , c. («) Annal, de France , Daniel 1 . c. p,
(c) Daniel ubi sup. p. 262. ^ 62 , 2C9.