HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Section mieux leurs terres, & s’adonnassent aux arts & au commerce. En inciil-IX. quant au Roi ces nouvelles maximes, il l’engageaà renoncer à deux autres sDerniers A i u j Rntir que l'une avoit été ruineuse , & l’autre honteuse à son prédé-oesseur, & qu’elles produiroient toujours le même effet, tant qu’elles re-valois. gneroient dans son conseil. La premiere regardoit les prétentions de la
-Maison d’Orléans en Italie, qui ne servoient qu’à épuiser le Royaume de
Troupes & d’argent, & à élever quelques nouvelles Familles d’Italie aurang de Princes. La seconde étoit l’étroite alliance avec les Turcs, quiavoit à la vérité rendu la France redoutable, mais lui avoit en même temsattiré la haine de tous les Princes de l’Europe. En renonçant à ces deuxchoses, la cession des Places que le Roi tenoit encore en Italie, étoit na-turelle, & même la Politique la demandoit; H cela suffi foi t pour justifierla disproportion apparente encre les Places que la France acquéroit par lapaix à celles qu’elle cédois. Le véritable équivalent pour toutes ces Pla-ces étoit Calais avec toutes ses dépendances, & les trois Villes impérialesMetz, 'foui & Verdun, qui étoient d’une bien plus grande conséquencepour la Fránce, que tout ce qu’elle rendoit. Surtout st l’on considéré quepar cette restitution le Roi avoit dessein de gagner le Duc de Savoye, quidevoir épouser sa sœur.
Mort du Au commencement de Juin, le Duc vint à Paris pour épouser la Prin-Roi Henri cesse Marguerite, & le Duc d’Albe avec le Prince d’Orange qui avoientii- une suite de cent Seigneurs y arrivèrent pour le mariage de MadameElizabeth de France avec le Roi Philippe. La cérémonie de ce derniermariage s’étant faite , le Roi voulut qu’il y eut un Tournois , où lui-méme devoit être le Tenant, avec les Ducs de Guise & de Nemours,& le Prince de Ferrare. Le Roi soutint plusieurs assauts le premier jouravec beaucoup d’applaudiílemenc ; il le fit de même le second, qui étoicle 30 de Juin. Sur le soir, il voulut rompre encore une lance avec leComte de Montgommeri, Capitaine des Gardes & fils de M. de Lor-ges, qui passoit pour un des plus vigoureux & des plus adroits Cheva-liers de France. Le Comte s’en excuíà autant qu’i) put, & la Reine con-jura le Roi de ne plus courir ; mais il s’obstina , & étant entrés tousdeux dans la lice, avec la visiere de leur casque levée, ils coururent l’uncontre l’autre & rompirent leurs lances , dont un éclat entra dans l’oeildroit du Roi, qui chancela, & le Dauphin avec d’autres personnes de qua-lité accoururent à lui (a). Quelques-uns disent, qu’il perdit la connoissance& la parole, & qu’il ne les recouvra point. D’autres assurent, qu’il par-donna à Montgommeri , & défendit qu’on lui fit un crime de fa blessure.Après que le premier appareil fut levé, les Chirurgiens eurent peu d'espé-rance. Le Duc de Savoye prévoyant les difficultés qu’il y auroit pour la:restitution de ses Etats, st son mariage ne s’accomplissoít point avant la.mort du Roi , lui représenta de quelle conséquence il étoit que la céré-monie se fit. Le mariage fut donc célébré le 9 de Juillet (b) , les unsdisent dans la chambre du Roi, & les autres dans l’Eglise de Notre-Dame*
(s) Ds Thon ubi su p. Daniel. I. c. p. (L) Daniel, Mezeray..
284. Mtzeray.