HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. IOr
Les Princes du sang, qui par la coutume & la constitution croioient être Sectîohen droit d'être consultés fur les affaires d’Etat, furent exclus, parceque IX.leur grand pouvoir donnoit de l’ombrage, comme s’ils avoient été moinsà craindre étant mécontens, qu’en place. Le Connétable, ses enfans & Maison \ses neveux qui par le crédit qu’ils avoient eu fous le dernier régné,Valois.
formoient par eux-mêmes un Parti, furent aussi éloignésle Roi aiant —--
déclaré qu’il avoit dessein de confier le maniement des affaires aux Gui-ses: il donna au Duc le commandement des armes dans le Royaume,
& fit le Cardinal de Lorraine son premier Ministre. Ce fut là moins lechoix du Roi, que celui des deux Reines. La Douairière étoit persua-dée que si elle fesoit entrer les Princes du Sang dans les affaires, ils serendroient bientôt les maîtres ; & n’auroient pour elle qu’un respect ap-parent, parcequ’ils regarderoient sautorité comme leur étant due. Pourle Connétable, elle le haïssoit lui & toute fa famille. D’autre part les Guisesrecherchoient son amitié, & comme ils étoiént oncles de la jeune Reine,ils ne pouvoient aisément être disgraciés. D’ailleurs elle avoit besoin d’ap >pui ; elle exigea absolument un article, qu’ils lui abandonnassent la Duches-se de Valentinois, à quoi ils se déterminèrent au mépris de la reconnais-sance qu’ils lui dévoient, & de Falliance qui étoit entre eux, le Duc d’Au-male aiant épousé la fille de la Duchesse (a). Le Maréchal de Saint-André s’attacha aux Guises; c’étoit un homme de plaisir, abîmé de det-tes, capable de donner de belles apparences à tout^ce qu’il entreprenois,
& qui prit le parti des Guises, parceque ni son goût ni sa situation ne luipermettaient pas de quitter la Cour.
(a) De Thou L. XXIII. Daniel T. XI. p. 307.
Prince de Condé ne lui ressembloit en rien , sinon dans fa paillon pour les femmes. Ifétoit petit, & n’avoit rien d’impofant ni dans fa personne, ni dans ses maniérés. S*fortune étoit bornée, car il n’avoit que six mille livres de rente; mais il étoit brave,vif, entreprenant, éloquent quand il vouloir fe donner la peine de parler, & égale-ment ferme dans ie Conseil & dans faction (1). Le Duc de Montpensier étoit unPrince de mérite, mais zélé Catholique-Romain, & fort attaché à la Cour. Le Princede la Itoche-fur-Yon, son frere, imita son exemple, & ne changea point de parti ( 2 ).Le Connétable Anne de Montmorenci pasibit à juste titre pour l’bomme le plussage de France. II demeura toujours ferme dans l’ancienne religion , par les per-suasions de fa femme, qui ne cessoit de le faire souvenir, qu’il étoit le premier Baronde la Chrétienté. IL avoit cinq fils; François, Puîné, étoit Maréchal de France; Hen-ri, qui prit le nom de Danvilie, fut auífi Maréchal & ensuite Connétable. Ses autresfils étoient auísi puissans. Gaspard de Coligni, Amiral, de Fiance , étoit neveu duConnétable , ct le grand Rival du Duc de Guise; il étoit zélé Protestant, & fes mœursétoient conformes à fes principes ; c’étoit un des plus habiles, hommes d’Ëtat & un desplus grands Capitaines de son siecle; mais malheureux, ce qui bien loin de faire tort àfa gloire en releve l’éclat (3% Dandelot son frere Colonel Générai de l’infanterie ,étoit plus vif, mais non moins ferme. II fut disgracié ct mis en prison pour fa religionsous le régné de Henri II. il ne la dissimula jamais ct la défendit vaillamment (4). Letroisième frere Odet, Cardinal de Chatílion & Evêque de Beauvais, reçut ie Chapeauà l’âge de dix-sept ans, ce qui n’empêcha pas qu'il ne devint zélé Protestant. II fe ma-ria fur la fin de fa vie, ct prit le nom de Comte de Beauvais. 11 étoit indolent de foisnaturel. mais étant entré 1111e fois dans les affaires, ce fut un habile négociateur (5).
Ct) Le mc-ne.
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Vie de Cqîì&uì*
( 4 ) De Thow*
( 5 ) BvAm&ït