Sfîc’TroN
IX.
DendersRois de la,Maison deValois.
Change-mens à laCour.
I02 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
L’élevation des Guises rendoit d’autres démarches nécessaires. On infpi-ra au Roi de congédier le Connétable, fous prétexte qu’ii avoir besoin derepos & que son âge demanáoit qu’il menât une vie tranquille,- surquoice Seig neur ^ ^tira dans fa maison de Chantiili. On lui ota sa charge deGrand -Maître de la Maison bu Roi, pour la donner au Duc de Guise;• mais pour adoucir ce coup , on donna 3e bâton de Maréchal à son fils aîné.On envoya le Prince de Condé en Flandres, pour porter au Roi d’Espa-gne la ratification du Traité de Cateau-Cambresis, & le collier de l’Ordrede St. Michel ( a ). Dans son absence, on disposa du Gouvernement dePicardie , que le feu Roi lui avoir destiné, en faveur du Maréchal deBrissac - ce Seigneur que la disgrâce de son ancien ami avoit chagriné, fut sur-pris & en même tems charmé de la justice que lui rendoient des personnes,de qui il n’en attendoit point. On ôta les Sceaux à Bertrandi qui étoitdevenu Cardinal, & on les rendit au Chancelier Olivier. Tout cela jointà quelques autres changemens de la même nature, fit honneur aux nou-veaux Ministres (b). . ,, .....
Aussitôt que le feu Roi avoit été blesse, le Connétable avoit fait savoir' Antoine Roi de Navarre, premier_Prince- du Sang, &
Assembléetíes Mécon- ce tte nouvelle
tens à Ven- j’ avo j c sollicité de revenir promptement à la Cour. Ce Prince se contentaíuRoìTê à venir à petites journées jusqu’à Vendôme. L’Araîral de Coligni, sesdépart du deux frères Dandelot & le Cardinal de Chadílon avec plusieurs autres Sei-lini de N a- g neurs s ’y rendirent, de même que le Prince de Condé à son retour deverre. Flandres. Là ils conférèrent fur Tétai de leurs affaires; Je Prince, Dan-delot Lt quelques - autres concluoient à prendre les armes fans delai, fousprétexte que le Roi étoit encre les mains d’Ecrangers. Mais Je Roi deNavarre & les autres opinèrent à suivre des voies plus douces (c). On en-donc ce Prince à se rendre à la Cour; la Reine-Mere lui fit assez
d’uccueil, mais d’ailleurs on eut peu d’égards pour lui, A malgré fa qualitéde Roi & de premier Prince du Sang, ìi courut risque, lorsqu’il arriva àSaint • Germain en Laye, de demeurer dans la rue, fans le Maréchal deSt. André, qui par pure politesse lui prêta une partie de son appartement(d). 11 assista avec le Prince de Condé au Sacre ou Roi, qui se fit le 18 de
Septembre à Rheims, par le Cardinal de Lorraine , Archevêque de cetteville (c). Quelques jours après on appella le Roi de Navarre au Conseil,& on lut en sa présence une Lettre du Roi d’Eípagne, qui portoit, qu’ilavoit appris qu’il y avoit des mécontens dans le Royaume, & qu’il offroittout le secours qu’on pouvoir demander, pour maintenir l’autorité du Roi.I.a Reine -Mere voyant que cette Lettre avoit produit l’effet, qu’on enattendoit, proposa au Roi de Navarre de conduire fa fille Elizabeth jus-qu’aux frontières d'Espagne; & lui fit entendre que cette occasion étoitfavorable pour négocier touchant la restitution de son Royaume ; ellelui promit de le seconder dans cette affaire de tout son pouvoir (/).Le Roi de Navarre accepta donc cette commission; il trouva le Duc
(a) Castelnim L. I, Daniel I. c. p. ooo.(&; Ce même, p. 312.
(e) Le même, p, 313-315.
(A Meztray, Daniel L c. p. 315.
(,e) L’» mêmes, Hennuk
if) De Thm ubi íup. Davila L 7 -