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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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régné

HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. I<59

tomba en foiblesse, pendant qu’on Jui fesoit le poil, & q «and il Section

IX.Derniers

de

fut revenu, il se plaignit d’un violent mal de tête. II avoit depuis longteins une fistule à l’oreille, & les Médecins jugèrent qu’il avoit un abcès Rois de ^dans la tête; desorte qu’ils déclarèrent qu’il étoit en grand-danger. Cette Maisonnouvelle changea la face des affaires (a), Le Cardinal de Lorraine & le Valois.Duc de Guise prefferent la Reine-Mere de faire mourir le Roi de Navarre "à le Prince de Conde'. La Reine ne leur répondit que par des larmes, &kur demanda quelques heures pour délibérer. Elie manda le Chancelierde l’Hopital, qui étoit son conseil ordinaire. Ce Ministre saisit l’occa-íìon de lui donner de justes idées des choses ; il lui représenta, quequoiqu’elle fut Reine & mere de Rois, elle étoit femme A étrangère ;que condamner à la mort le Roi de Navarre fans garder toutes les for-mes c’écoit une injustice qui la rendroit l’exécration de toute la France,

<3e donneroit un exemple, dont elle auroit tout à appréhender. Que d’au-trepart, il étoit auíïï dangereux de faire mourir le Prince de Condé,en laissant son frere en vie, parce que dès que le Roi seroit expiré, ilfaudroit le mettre en liberté, & qu’il auroit à sa dévotion, non seulementtous les Calvinistes du Royaume, mais encore une infinité de Noblesse,qui s’offriroit à lui pour le servir dans fa vengeance. , Qu’en prenant unparti tout contraire, les Guises n’aiant d’autre appui que fa faveur, luiïeroient soumis par nécessité, & les deux Princes par reconnoiffiince. Quele salut de l’Etat dépendoit absolument de la réunion des esprits, & quel’autorité qu’elle se seroit acquise sur les uns & sur les autres lui en faci-literoic les moyens (b). La Reine sentit combien ce conseil étoit fige,

& le suivit avec fermeté & avec dignité. Elle fit appeller le Roi deNavarre dans son cabinet, & après savoir assuré qu’il ne tenoit qu’à ellede le perdre avec son frere, elle lui déclara qu’elle les sauverait tous deux,à ces conditions , qu’il renonceroit à la Régence en fa faveur , aprèsla mort du Roi, éSt qu’il se Teconcilieroit avec Messieurs de Guise. Le Roisouscrivit sans peine au premier article, mais il en eut à consentir au se-cond, cependant il s’y détermina. La réconciliation fe fit d’abord en pré-sence de la Reine, & pour l’affermir ils allerent dans la chambre du Roi;ce Prince fe chargea de tout, & déclara qne toutes les procédures contrele Roi de Navarre & le Prince de Condé, n’avoient été entreprises quepar ses ordres, & que Messieurs de Guise en avoient été les simples exé-cuteurs & non les auteurs (c). Ce fut là la derniere action de ce pauvrePrince, qui mourut le 5 de Décembre, âgé de près de dixhuit ans, aprèsUn an & cinq mois de régné (d). On l’appella le Roi sans vice , titre plusglorieux que tout autre qu’on puisse donner, dit Mezeray, quand il a pourfondement; non pas l’imbéciliité d’esprit, mais la fageíîè & la venu (e)..

Lc foin du corps du Roi son pere & ses funérailles avoient été laissés auConnétable, pareeque la Reine & les Guises avoient d’autres affaires. Maiscelui de François Ií. fut tellement abandonné, qu’il n’y eut que les Sieurs

(a) Le même, D’avila, Daniel P- 405.(/;) Daniel p. 406, 407, De TÍUjU 1 - L-(e) Daniel p. 4cy, 410.

fa!) Les mêmes Auteurs.CO Mezeray T. V. p. 33.