ìo8 HISTOIRE DE FRANCE, Lnr. XXÎII.
Section instamment le Roi de Navarre de se mettre à leur tête,offrant de Fui four-nir dans peu vingt mille hommes. Les Princes ne laissèrent pas de conti-R'ìis'dela nuer leur chemin , mais à peine furent-ils entrés dans Orléans, qu’iis n’eu-Maìson áetcnt que trop de raisons de se repentir de s’ètre reposés fur les pro-Valois. messes qu’on leur avoit faites (a). Le Prince de Condé , après avoir
■-— essuie des reproches fort durs de la part du Roi, fut arrêté & mis en
prison ; on donna auíïì des gardes au Roi de Navarre (b). Oa nommades Commissaires pour faire le procès au Prince, c’etoient le Président Chrif-tophle de Thou, Barthelemi Paye & Jaques Viole, Conseillers au Parle-ment , avec Gilbert Bourdin Procureur Général & le Greffier Jean du Til-Jet pour y faire leurs charges. Le Prince demanda d’être renvoyé par de-vant les Pairs de France, les Chambres du Parlement de Paris & le Roi,Juges naturels des Princes du Sang ; mais le Conseil privé déclara cet appelnul & frivole. Les Commissaires continuèrent leurs procédures & con-damnèrent le Prince à perdre la tête (c). M. de 'I hou dit que l’arrêc nefut point signé,- mais d’autres Historiens assurent qu’il fut signé par toutle Conseil privé & par les Chevaliers de l’Ordre ; le Chancelier & un Con-seiller du Parlement demanderent du tems, & le Comte de Sancerre refu-sa généreusement de le signer (d). 11 s’agissoic après cela d’envelopper le
Roi de Navarre dans la perte de son frere ; comme il n’y avoit point de- preuves contre lui, M. de Thou rapporte, que le Cardinal de Lorraine &le Maréchal de Saint-André formerent un complot contre fa vie. Ils con-vinrent que le Roi manderait lé Roi de Navarre, & l’accabìeroic de re-proches fur ses desseins criminels, & que si ce Prince répondoit avec quel-que fierté, ainsi qu’il y avoit de l’apparence, des gens apostés l’assaffine-Toient fur le champ (s). 11 fut donc appelle à cette fatale entrevue, & bierîqu’il répondit avec fermeté au Roi, il le fit avec tant de respect,& prou-va si visiblement son innocence, que le Roi le congédia sans faire attenterà fa personne, & l’on assure que le Duc de Guise le volant sortir, s’écriad’un ton plein d’indignation & de colere, ô Thomme timide & lâche (f)!
L’Historien ajoute, qu’il n’ose assurer la vérité du fait, & qu’il ne le
rapporte que sur les Mémoires d’autres personnes; c’est ce qui rend lefait fort vraisemblable , surtout quand on fait réflexion, que tout leinonde convient que les Guises prévoyant qu’il serait dangereux de met-tre le Roi de Navarre en liberté après la mort de son frere , pressè-rent la Reine-Mere de le faire périr, disant qu’il falloit en deux coupsóc tout d’un tems couper la tête à la Rébellion & à l’Hérésie. Tel écolele caractère de ces Princes, & la Politique de ce tems-là !
Z’m ô? Dans une conjoncture aussi critique, óc où la vie du Prince ne tenoit
r autre sou- qu'h un fil, le jeune Roi aiant rebutté la Princsse de Condé , la Provi-
mort^imtré -^ e ? ce s ' en ®êla. Le Roi se disposant un matin d’aller à la chasse, pourvZduMef. ^ v ^ ter de voir une exécution, dont la variété seule distingua ce malheureux
sa) De Thou L. XXVI. Daniel 1, c; p.p 9-
(b) Caflelnau L II. Ch. II. Daniel p 400,Ií) Mizeray, Daniel 403. D; Thoul.ç,.
(d) Le Laboureur fur Casíeluau L. ILb. II-
(í) De Thou ubi sup.
(/) Le mâme.