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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. n 9

sans restrictions ni interprétations; que le Roi payeroit le Prince Casimir Section& ses Troupes, & la restitution des Places dont les Réformés s’étoient ^IX.saisis. Les deux Partis furent mécontens de cette paix, que ni les uns ni R 0 ”^ ( r e s lftles autres n’avoient envie d’observer, & qui fut appellée la paix feinte ou Maison d ela petite paix. Mais de part & d’autre on en avoit besoin. Si Chartres Valois,s’étoit rendu, le Roi auroit été obligé de quitter Paris, démarche dont *

la Reine savoit les conséquences. D’autre part, le Prince de Condé voioit soAàqu’il alloit venir d’Aiiemagne & d’Italie des Troupes ail secours des Catho-liques, que les Réformés des Pays-Bas étoient pour le présent accablés, &qu’i! couroit risque lui - même à tout moment d’être abandonné ou trahides Allemands, parcequ’il n’avoit pas de quoi les payer ; & ceux-ci desi-roient la paix, parcequ’ils comptoient bien que le Roi les payeroit ; auíîlla Cour fut-elle obligée d'emprunter cent mille écus de la République deVenise, & quatrevingt mille du Duc de Florence. Sancerre, Montauban,

& plusieurs autres Places du Querci,du Vivarais, du Dauphine & du Lan-guedoc, refuseront de rentrer sous l’obéissance du Roi; la Rochelle fermases portes à la garnison qu’on y envoya, & devint depuis ce tems-là le bou-levard des Réformés.

La Reine-Mere forma en ce tems-là un Conseil particulier, qu’on ap- Projet âepella le Conseil du Cabinet; composé du Duc d’Anjou, quelle forma àès S '^íf umson enfance aux intrigues & aux ruses, du Chancelier, de Louis de Lan- for^nhalsac, de Jean de Morvilliers Evêque. d’Orléans, de Sebastien de L’Aubef- donnepine Evêque de Limoges, de Henri de Mefme, du Président de Birague, lieu à la& de Villeroi Secretaire d’Etat. II y en avoit même parmi ceux-là,qui é- troisième .toient ses confidens particuliers, & dont elle préposent aux autres les sen- n "timens, comme les siens (a). Ce Conseil fut d’avis de poster des Troupesen divers endroits, pour tenir les Places qui refusoient de se soumettreen quelque façon bloquées, & pour veiller fur les Chefs des Réformés defaçon qu’ils ne pussent rien entreprendre,ni se saisir à l’improviste de quel-que villie considérable. La Reine suivit ponctuellement cet avis. Le Car-dinal de Lorraine & le Président de Birague lui en donnerent un autre, au-quel elle se tint surtout, ce fut de faire périr fous divers prétextes le plusde Huguenots qu’il seroit poíîìble, surtout ceux qui avoient montré le plusd’ardeur, & de tâcher de s’assurer de la personne du Prince & de l’Ami-ral, quand ils se trouveroient en même lieu. Le cas arriva à Noyers enBourgogne, où l’Amirai vint voir le Prince. Le Maréchal de Tavaneseut ordre d’investir la Place & de les arrêter tous deux. Mais les Troupesne purent sc mettre si promptement en mouvement, qu’ils n’en fussentavertis ; ils se retirerent aussitôt à la Rochelle (b) , & laissèrent un Officieravec quelques chevaux pour retarder ceux qui voudroient les poursuivre,il fut battu, fait prisonnier & envoyé à la Cour, preuve évidente que cen ’étoit pas lans sujet que le Prince & l’Amiral s’étoient retirés, comme laCour voulut le faire croire. La Reine fut si chagrine de leur évasion, quevolant que le Chancelier y paroissoit moins sensible qu’elle n’auroit voulu,elle, lui ôta les sceaux, qu’elle donna à l’Evêque d’Orléans. On fut dans

(s) DavUa L. IV. Daniel I. c. p. 126. ( 5 ) Caflehmt L. VIL Ch» l»