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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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IX..

DerniersRois de laMaison deValois.

118 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

& quoique le Connétable eCit soixante - quatorze ans, il lui donna de la poi-gnée de son épée rompue un si grand coup dans le visage, qu’il lui caílàdeux dents, & tous deux tombèrent en même tems de leur cheval (a).Damville son fils & le Duc d’Aumale le dégagèrent, & le firent porter àParis où il mourut deux jours après. La Reine le fit enterrer avec les plus

-grands honneurs ; cependant elle fut peut-être aussi contente d’être

délivrée du Connétable, que de la victoire quelle avoit remportée (/;).Le 15 de Novembre le Prince de Condé avec le reste de ses Troupes pritla route de Lorraine pour aller joindre le secours qui lui venoit d’Allema-gne, fous la conduite du Prince Casimir, fils de l’fílecteur Palatin, il étoitde six mille chevaux & de quatre mille Lansquenets. La Reine -Mere,pour ne pas nommer de Connétable, fit déclarer le Duc d’Anjou Lieu-tenant-Général, & l’envoya avec les Troupes qu’on put rassembler poursuivre le Prince de Condé en queue (f). Cependant les flammes de laguerre se répandirent dans toutes les Provinces ; les Réformés se mirentpar tout en défense, & s’emparerent d’autant de Places qu’ils purent; tan-dis que les Catholiques, s’appuyant de l’autorité Royale, se servoient éga-lement des armes & des voies de la Justice, & ruinoient les Réformés parla chicane & par l’épée. Les Espagnols voyoient avec plaisir la folie déleurs voisins, ainsi que le prouva évidemment la conduite du Duc d’Albe ;car si, comme le Connétable le lui avoit fait demander, il avoit envoyéavant la bataille de Saint Denis quatre ou cinq mille hommes, l’Armée duPrince de Condé auroit été enveloppée, & la guerre finie tout d'uncoup (d),

' Arrivée du On croit généralement, que fans le peu de conduite du Duc d’Anjou,secours OU pour mieux dire des Généraux qui commandoient l’Armée dont iliïf'lTr' étoit le Chef, les Troupes du Prince de Condé & de l’Amiral auroient pudeChartres. é tre dissipées, au lieu qu’elles eurent le bonheur de joindre à Pont-à-, 5 (58. 'Mousson le secours d’Allemagne. II arriva dans cette occasion une chosefort singulière. Le Prince avoit promis aux Allemands cent mille écus,aussitôt qu’ils l’auroient joint; le Prince Casimir les dqmandad’abord, quoi-qu’il n’y eut rien de plus misérable que l’Armée du Prince, la plupart dessoldats n’aiant ni armes, ni habits , ni souliers ; cependant ils boursillerentvolontairement pour faire une partie de la somme (<?)., Avec ces Trou-pes le Prince traversa une partie du Royaume & vint mettre le ' siégé de-vant Chartres vers la fin de Fevrier. . Lignieres, Chevalier de l’Ordre dé-fendit la Place vigoureusement; mais si le Prince avoit détourné dès lecommencement la riviere d’Eure, comme il fit ensuite, la ville auroit cou-ru grand risque.

La Reine , Pendant le siégé on reprit les négociations , & dans le tems que la Placefait la paix étoit prête à se rendre, le Prince de Condé conclut la paix, malgré l’Ami-l rendre'les ^ (/) > aux conditions suivantes; la confirmation de l’Edit de pacification

fa) Brantôme T. VII. p. 123, Edit. de1740

(bj Mezeray.

(c) Daniel s. XII. p. 10S.

(d) De Thou 1 . c. Daniel p. 92, 93.

(e; Mezeray I. c. p. 103.

CO Daniel ubí sup. p. 112. De Thou 1 . c»