HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. _ I2laction, qui sans être avouée relia impunie, fut généralement attribuée auDuc (*). Le corps du Prince fut mis fur une ânesse & porté à Jarnac ;on le rendit ensuite à ses parens, & il fut inhumé avec le reste de fafamille’à Vendôme (a). L’Amiral, dont le courage étoit supérieur àtous les revers, & dont la présence d’efpric augmentoit à proportion•du danger, se retira en bon ordre. II mit de bonnes garnisons avecd’habiles Commandans dans les Places les plus exposées, <& fe retira en
Ça) De Thou, Brantôme.
(*) Louis de Bourbon, qui porta le premier le titre de Prince de Condé, étoit sep-tieme fils de Charles Duc de Vendôme, & le plus jeune frere de François Comte d’An-guien. qu’on soupçonna avoir été assassiné par les intrigues de Catherine de Medicisdans le lems qu’elle n’étoit que Dauphine (i). Nous avons déja dit qu’il étoit petità asstz mal - fait, mais son ame étoit toute autre, si l’on s’en rapporte au portrait qu’enfait un célébré Historien (2); la valeur, la constance , l’esprit , l’adresse, la sagacité,l’expérience, la politesse, l’éloquence & la libéralité, se trouvoient réunies en lui, enun degré éminent, il y eut peu de Seigneurs de son tems qui l’égalassent dans toutesces vertus, & de l’aveu même de ses ennemis, il ne s’en est pas trouvé un seul quifait surpassé. Mais il eut aussi ses foiblesses & ses défauts, & où est l’homme qui n’enu>t? on pensa qu’il ne professoit pas sincèrement la Religion Réformée; il étoit ambi-tieux , il embrassoit avec trop de précipitation un parti, St se laissoit aller trop facile-ment â le quitter , c’est ce qui parut par le Traité qu’il fît avec la Reine Elizabeth, tan-dis que pas un an après il combattit contre le Général & les Troupes, qui á fa réquisitionétoient venues à son iecours C3). Mais son grand foible étoit les femmes. La Ileine-Mere avoir auprès d’elle quantité d’aimables personnes, qu’on appelioit ses Sirtnes;c’étoit par leur moyen qu’elle tiroit les secrets de ceux qui l’aimoient le moins, & sou-vent les se soi r agir â son gré. Mile. de Limeuil fut celle qui charma le Prince de Con-dé; étant devenue grosse, la Reine la reprit publiquement, & la chassa de la Cour.Cette infortunée Démoiselle trouva du courage dans son désespoir, & dit à la Reine,que quelque honteuse que pût être sa conduite, c’étoit le fruit de ses conseils, l’effetde ses ordres, & l’imitation de son exemple (4). Cette intrigue fut si publique qu’liléo-nore de Roye, fille aînée du Comte de Rouci, premiere femme du Prince, & une desplus dignes femmes de son tems, en mourut de chagrin. Après fa mort plusieurs Da-mes aspirèrent á I’honneur d’épouser le Prince, entre autres Marguerite de Lustrac,veuve du Maréchal de Saint-André, qui lui fit présent du beau Château & de la Ferrede St. Valeri, qui est encore dans la famille du Prince (;). II ne laissa prs d’épouserFrançoise , fille du Marquis de Rothelin (6) De fa premiere femme il eut HenriPrince de Condé, François, le premier qui ait porté le titre de Prince de Conti, quifut toujours sourd & muet, Charles, Cardinal de Bourbon, & plusieurs autres enfansmorts jeunes. 11 eut de fa st con de femme trois fils, dont aucun ne lui survécut queCharles qui devint Comte de Soissons (7). Nous avons parlé dans le texte du granddémêlé qu’il y eut entre le Duc d’Anjou & le Prince, qui fur. à ce. que l’on croît lasource de la haine du Duc, laquelle produisit le lâche assassinat par lequel le Prince per-dit la vie à l'áge de trente-neuf ans (gj. Quelques-uns prétendent qu’tl fit frapper desWonnoies d’or, où il prenoit le titre de Louis XIII. (9;.
Q ) Mcm. de 7 {abitiiH, La Popelintere.
De Thou L. XL VI.
(3) Caahclín, Ana. p. loi, ioz. De Theu ,
ftntoYne»
s 4 > Mcm. de l’EstatéeFrance fous Charles JX.(f) Thou Lc aï.
Tome XX XI.
(s) Le même,
[ 7 ) Hist. des Maisons Sotiv. de l’Europep. z<S2.( 8) De Thon
(si Brantôme. Traite des Monaoiçs de France
k- m.
Section
IX.
DerniersRois de luMaison deValois.
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