128 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.
Sbctiom Favori da Roi, qui le trompoit si bien, qu’il se servit de lui pour retenirIX. l’Amiral, qui avoit une grande opinion de la pénétration de son gendreDerniers Quelque tems avant le mariage du Roi de Navarre, un Capitaine qui
Mdíon de avoit servi sous l’Amiral, nommé Langoiran, étant venu un jour prendreValois. congé de lui, ce Seigneur lui demanda pourquoi il quittoit Paris ; c est ,
-répondit-il, qu on nous y f ait trop de caresses , £? f aime mieux - me sauver
avec les foux , que de périr avec ceux qui se croient trop sages (a). Lamort de la Reine de Navarre fit différer le mariage de son fils, qui nelaissa pas de se rendre à Paris, où ii fut fort accueilli. Le 17 d’Août, leCardinal de Bourbon le fiança avec la Princesse Marguerite, cette Princessey avoit beaucoup de répugnance, & refusa de signer le contrat de ma-riage , & lorsque le lendemain le mariage se célébra , elle ne réponditpoint ; mais le Roi qui étoit auprès d’elle, lui poussant la tête par derriereavec la main, ce signe forcé passa pour un consentement (b). Ce jour-làqui étoit un Lundi, & les deux jours suivans se passerent en festins, &bals, ík en toutes sortes de divertissemens. Le Vendredi 22 d’Août, l’A-miral retournant chez lui fur les onze heures du matin, on lui tira d’u-ne fenêtre un coup d’arquebuse, qui lui emporta le second doigt de lamain droite, & le blessa au bras gauche. II s’arrêta & dit, voilà le f mitde ma réconciliation avec le Duc de Guise (c). L’après midi le Roi alla visi-ter l’Amiral, à qui il dit entre autres choses -, vous avez reçu la blessure ,mais cesl moi qui îai sentie ; ce Prince lui accorda la permission de faireloger autour de son Hôtel tous les Gentils hommes Huguenots, & fitfaire défense à tous les Catholiques de passer de nuit dans ce quartier-là(d). Cela persuada l’Amiral de la sincérité du Roi, & l’empêcha de con-descendre au désir de ses amis , qui vouloient qu’il se fît transporterailleurs.
Le massacre Le soir la Reine tint un Conseil pour fixer l’exécution du projet qu’elledes Prote- méditoit depuis tant d’années. Ceux qui assistèrent à ce Conseil étoientflansréjolu. pq eiir j p) uc d’Anjou, depuis Roi de Pologne & de France, GonzagueDuc de Nevers, Henri d’Angoulême Grand-Prieur de France & frere natu-rel du Roi, le Maréchal de Ta va nés & Albert de Gondi, Comte de Retz Cefut là qu’on résolut le massacre des Réformés en général, & ce fut avec quel-que peine que le Duc de Nevers & le Maréchal de 'Pavanes obtinrent que leRoide Navarre & le Prince de Condé avec les Maréchaux de Montmorenci &de Damville ne seroient pas enveloppés dans le massacre (e). On confia l’exé-cution du projet au Duc de Guise, qui se fit accompagner du Duc d’Aumale sononcle & du Grand Prieur. On posta des Gardes, & les Capitaines des quar-tiers eurent ordre de mettre les Bourgeois sous les armes, pour exécuterles ordres du Roi , le signal étoit le son de la cloche de f Horloge duLouvre (/). Quelques • uns disent, que quand l’heure approcha, qui
étoit
(a) Le même, p. 268..
(b) Davila L- V Daniel 1. c. p. 270.
(c) Daniel ubi su».
(d) Matthieu L. VI.
(s) Le même Mem. de Tavanes, Daniel1. c. p. 272.
{/) Meway T. V. p. 154, 155.
(*) bê P . Daniel dit tout le contraire, Déliant su gendre , homme d’un esprit tres-pènétrant, appuyoit ces sortes d’avis, c’est-à-dire ies avis qui lui vdioient. Rem, nu Tkal*.