HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 129
étoit celle de minuit, le Roi marqua de l’irrésolution, qu’il te'moigna Sbctiokavoir horreur de répandre tant de sang, & le sang de ses sujets, de ^personnes qui étoient venus par son ordre, & sur sa parole, particulière- jffstjstixment s Amiral, qu’il avoit retenu par ses caresses ; mais que la Reine -Mere Maison delui reprocha fa foiblesse, lui fit un portrait effrayant du risque qu’il cou- Valois,roit, & le tìata de l’espérance qu’il regneroit à l’avenir sans contradiction: —' '
on ajoute, que lui aiant arraché l’ordre de donner le signal, elle se hâtade le faire, de peur qu’il ne changeât encore de sentiment ; ce qui arriva,dit - on, mais lorsqu’il étoit trop tard. On ne peut faire aucun fond furtout cela, parcequ’il est visible que quelques Historiens tâchent d’excuserle jeune Roi aux dépens de fa mere, tandis que d’autres assurent que cefut son propre ouvrage, & que quand on parla de ne se défaire que desprincipaux Chefs des Huguenots, il dit, Hé bien puisqu il le faut, je neveux pas qu'il en reste un seul , qui me le reproche (a).
Aussitôt qu’on eut donné le signal, le Duc de Guise, accompagné du MassacreDuc d’Aumale, du Grand Prieur, de Capitaines & de Soldats Suisses Catho- * la p*liques fit attaquer la maison de l’Amiral de Coligni. Ce Seigneur aiant f n " tKS 'compris, au bruit & au tumulte dequoi il étoit question, sortit de son lit,pendant qu’on forçoit & brisoit les portes, & fit à Dieu fa priere avecferveur. A peine avoit-il achevé, que Besme le plus empressé des assas-sins entra dans la Chambre, & lui dit, esl-ce toi qui est Coligni? c est-moi'même , répondit ce Seigneur, & il ajouta; Jeune homme tu devrois re-fpcàer mes cheveux blancs ; mais fais ce que tu voudras , tu ne m abrégerasla vie que de fort peu de jours. Pour toute réponse Besme lui plongeason épée dans le corps (b). Le Duc de Guise, qui étoit resté dans laCour demanda si l’affaire étoit faite ? Besme aiant répondu qu’oui, on luicommanda de jetter son corps par la fenêtre ; aussitôt qu’il fut à terre leChevalier d’Angoulême, d autres disent le Duc de Guise, lui essuia le vi-sage, & l’aiant reconnu, il donna un coup de pied au cadavre ( c ). (*).
(») Le même. (c) De Thou 1 . c. Mezsray I. c. p. 158.
sb) DeTkou L.LII Danielï c.p.273,274.
(a) Le P. Daniel n’a pas eu ici I’impar tialité requise; Le Duc de Guise, dit-il, ltvolant mort à ses pieds , fut se contenir, pour ne pas laisser paraître fur son visage ni dans sesparoles le plaisir qu'il eut &c. (l), M. De Thon (r) dit. qu’on prétend qu’il s’oublia jusqu’àdonner plusieurs coups de pied à son cadavre D’Aubigné s’txprime en cts termes (3); Ondit qti’ils lui passèrent le mouchoir sur le visage pour osier le sang, le cognoislre; aussi quele Duc lui donna du pied sur le ventre, avant s’en aller par le: rues. L’Abbé Perau, Conti-nuateur des Hommes illustres dc France (4) dit : comme les coups qu’il avoit repus fur latête b fur le visage avoient fait ruisseler le sang de façon qu’on ne pouvait distinguer sestraits, le Duc de' Guise , pour mieux s’assurer qûe c’étoit l’Amiral. prit un mouchoir & es-Jstya lui-même le sang dont il étoit couvert; je lu cognoi dit-il alors, c'eíl lui- même; puistl lui donna un coup de pied dans le visage. Maîgré quelque divtrsité. on voit assez quej? P Griffet a tu raison de dire (5), que si la maniéré dont íf Aubigné f*? M. de ThonJ e sont expliqués, ne rend pas ces circonstances absolument certaines, elle n’autorise pas nonPlu: à dire avec tant d'ajsutancece que le P. Daniel a dit Rem. d u T k a u.
(l) Daniel T. XII P- 274U) D- Thou L. L.II.
U) H.lì. Univ. T. II, L, I. Cil, 4;
Tome XXXI.
(4) Tom. XV. p. r,zi.
(5) Oblci visions íur k régné de ChaiUs IX;
N. v.
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