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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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I 3 0 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section On l’abandonna ensuite à la populace, qui après lui avoir fait mille in-dignités, le traina à Montfaucon, où elle le pendit par les pieds avecRoiTde^a une chaîne de fer &. alluma du feu dessous, qui le grilla fans le consu-Maifinde mer. On lui coupa la tête, que l'on porta à la Reine -Mere, qui dit-Valois. on la fit embaumer & l’envoya à Rome (a). Le Roi lui-même vint

--“voir le corps de l'Amiral au gibet. Le Maréchal de Montmorenci fit

enlever les misérables restes de ce cadavre, durant la nuit, & les fitenterrer dans la Chapelle de Chantilli. Dans le Louvre même , les-Gentilshommes du Roi de Navarre & du Prince de Condé furent massa-crés fous les yeux du Roi. Deux d’entre eux blessés & poursuivis par lesassassins fe sauvèrent dans la chambre de la Reine de Navarre, & se jette*rent sur son lit, en la conjurant de leur sauver la vie ; elle sortit & deuxautres vinrent fe jetter à ses pieds,- elle alla pour demander leur grâce à laReine-Mere, qui regardoit par les fenêtres cette horrible scene. Le Roivolant les Huguenots, qui étoient de l’autre côté de la riviere fuir de touscôtés, tiroit lui - même fur eux avec des arquebuses ( b ).

Le massacre II n’est pas de notre plan d’entrer dans le détail de toutes les árconílan-ejl avoué du ces de ce tragique événement, ce qui demanderoit un volume ; & nous nousà'- félicitons d’en être dispensés; nous observerons seulement, que dans l’es-pace de trois ou quatre jours plusieurs milliers de personnes périrent cruel-lement par toutes les voies que la fureur la plus effrénée peut suggérer,Pierre Ramus, Professeur en Philosophie & en Mathématiques, suc poi-gnardé, après qu’on eut tiré une somme d’argent de lui, & jette par la fe-nêtre , ensorte que les entrailles fortoient de son corps. Denis LambinProfesseur Royal, en fut st effrayé, qu’il en mourut, quoiqu’il fût bon Ca-tholique (c). ' Les deux premiers jours le Roi désavoua que le massacre sefut fait par son ordre, & en jetta tout le blâme sur la Maison de Guise.Mais le 28 d’Août il alla au Parlement, avoua que tout s’étoit fait par sesordres, & reçut les complimens qu’on lui fit là dessus. II ordonna qu’onfit le procès à l'Amiral, qui fut condamné comme criminel de Lexe-Ma-jesté ; & ce qu’il y eut de plus indigne c’est que deux Gentilshommes dsmérite & respeótables furent exécutés comme complices de la conspirationde l’Amiral contre toute la Maison Royale, & même contre le Roi de Na-varre, afin de mettre la couronne sur la tête du Prince de Condé ; conspi-ration qui n’exista jamais, mais dont l’aveu leur auroit sauvé la vie, pro-position qu’ils rejetteront avec indignation. Us furent exécutés à la lueurdes flambeaux ; le Roi, la Reine-Mere, le Roi de Navarre & le Princede Condé malgré eux, furent les spectateurs de cette tragédie, ils assistè-rent aussi au Jubilé qu’on célébra pour remercier Dieu du succès d’uneentreprise, qui déshonoré la Religion Chrétienne (d), & qui couvre d’uneinfamie éternelle tous ceux qui l’ont projettée, exécutée ou approuvée.L’exempk Le jour qui précéda le massacre, on envoya ordre à tous les Gouver-ne Paris neurs des Provinces de fondre fur les Huguenots, & de permettre aux

suivi en peuples de tomber fur eux. A la vérité avant la fin de la semaine, le

d’-autresvil - r

Iss

(a) Les memes, (c) De Thou ubi fup.

(j/) Mem. de 'savanes. Daniel, {d) De Thou, Daviía, le Gendre .