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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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13a HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section un siégé de huit mois, durant lesquels il y périt deux mille personnes delaIX. famine ; & on dit qu’un pere se nourrit huit-jours du cadavre de fa fille,Derniers q U j étoit morte, à la fin la Place se rendit à des conditions passables (a).Maison <k troisième Armée, commandée par le Marquis de Villars, fait Amiral deValois* France, marcha en Guienne & y reprit presque toutes les Places que les

--— Huguenots y avoient. Mais la plus grande partie des forces de France

1573. étoit devant la Rochelle: le siégé étoit commandé par le Duc d’Anjou,accompagné du Duc d’Alençon son frere, du Roi de Navarre, du Princede Condé, du Duc de Montpensier , de tous les Princes de la Maisonde Guise, du Duc de Nevers, du Maréchal de Cossé, & de la sieur dela Noblesse de France. Le siégé dura huit mois ; la ville soutint neuf grandsassauts, & plus de vingt autres, dans un desquels le Duc d’Aumale fut tué(/;). Le Comte de Montgommeri tenta de secourir la ville avec une FlotteAngloise, mais sans succès (r). Nonobstant cet échec, & quoique M. dela Noue les eut quittés, les Roçhelois continuèrent à se défendre avec lemême courage; ils établirent un si bon ordre,qu’ilsjouissoient d’uneparfai-te santé, & étoient assez bien pourvus de vivres, pendant que les assiegeanssouffroient de la disette & des maladies. Le Duc d’Anjou lui-même pen-sa être tué d’une balle de mousquet, si un Gentilhomme nommé de Vigne,n’avoit apperçu celui qui visoit à lui, déserté qu’aiant poussé le Duc à cô-té, il reçut lui-même le coup dans le corps (d). On reçut alors Ja nou-velle que le Duc d’Anjou avoit été élu Roi de Pologne, quoiqu’il eût troisredoutables Concurrens ; on fit une nouvelle attaque générale, qui ne réus-sit point, déserté que le Duc, qui avoit déja perdu vingt-quatre mille hom-mes, résolut de terminer le siégé en lésant la paix.. Les Articles aiantété réglés, les Roçhelois sc soumirent,& supplièrent le Duc d’Anjou d'en-trer dans leur ville, ce qu’il refusa, selon que l’on en étoit convenu. LesEdits de pacification furent renouvelles, & les Roçhelois promirent d’êtredésormais fidèles au Roi (e). Ainsi finit la quatrième guerre civile parune paix, que la Cour n’avoit nullement envie de garder, & à laquelle lesProtestans ne se fièrent point.

Henri Duc Les malheurs de la France augmentoient tous les jours par de nouveaux<l’Anjou est troubles. Le Roi étoit extrêmement jaloux du Duc d’Anjou son frere,e poh°nf e stui avoit toujours été le bien-aimé de la Reine>Mere, & qui étant con-întngiiès, tinuellement à la tête des Armées avoit presque autant d’autorité que leRoi son frere. Charles IX. fut donc très-content de son élection, & nefouhaitoit rien avec plus d’ardeur que de le voir sortir honnêtement deFrance. D’autre part, le Duc d’Anjou, que l’on avoit fait Roi en quel-que façon malgré lui, aimoit une vie indolente & voluptueuse, la conver-sation de plusieurs jeunes gens, qu’il appelloit ses amis, & le Public sesFlateurs, jusqu'au tems qu’on leur donna un nom bien plus odieux, & étoitd’ailleurs fort épris de la Princesse de Condé ; il ne pouvoit donc sc résou-dre au départ, malgré les instances des Ambassadeurs de Pologne ; de-

(nj Daniel p- 301. De Thou. (Aj T.es mêmes.

(i) Matthieu, De Thou, Mezeray. (e) Les mêmes,

(c) Les mêmes Danieh