HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. r 97
Roi, ensorce qu’il résolut pour ne pas être emporté par le torrent, deSsc-ncwse laisser aller au courant. II concerta tout avec Lullier Prévôt des Mar x ;chands, Langlois Echevin, qui étoient dans les intérêts du Roi, & avec Henris v &
le Président le Maître & le Procureur-Général Molé (a). Afin de pou-_J
voir communiquer sûrement ce qui se palsoic au Roi, il convint de pren-dre quelques gens de Justice pour arbitres de quelques différends de famil-le , qu il avoir avec le Sieur de Saint-Luc son beaufrere. Ils se virentà l’Abbaye de Saint Antoine, & après avoir pris secrètement leurs me-sures, ils se séparèrent en apparence fore mécontens l’un de l'autre ( L).
Saint Luc, de retour à la Cour se déchaîna contre son beaufrere, L le Roiparloit de lui en public comme d’un partisan outré des Espagnols. La Porteneuve, bouchée depuis bien du teins, étoit celle par laquelle les Troupesdu Roi dévoient entrer. Brissac feignant qu’il vouloit la faire murer, enlit tirer la terre, afin qu’on la pût ouvrir. 11 y posta & à celle de SaintD mis les Echevins Nvret & Langlois avec de nombreuses gardes de leurintelligence.
Le jour dont on convint pour introduire les Troupes du Roi dans Paris Les 7W.fut le 22 de Mars (c). Le Duc de Feria ék Don Diegue d’Ibarra, furent du Roiavertis qu’il y avoit quelque dessein ; ils firent part de leurs soupçons au-^" lí ™f u ? s 'Comte de Brissac qui alla les trouver. 11 tacha de les rassurer, <k ajouta wtf "que quoiqu'il ne crût pas qu’il y eut rien à craindre, il alloit lui-même fairela ronde fur les murailles; il le fit à minuit accompagné de quelques Capi-taines Espagnols, auxquels le Duc de Feria commanda en secret, au casqu’il se fît quelque mouvement , de commencer par tuer le Comte. Ce Sei-gneur les reconduisit furies deux heures à leur quartier, <& il dit un peuen colere aú Duc de Feria, qu’on prenoit trop aisément sallarme sur desbruits populaires; mais en lé retirant , il commanda au corps de garde leplus proche du logis des Espagnols, de tirer fur eux, s’iis sortoient (d).LesTroupesduRoi furent introduites fans bruit L furies cinq heures du ma-tin le Roi entra lui-même par la Porte neuve, avec le reste des Troupescommandées par le Duc de Retz. Le Comte de Brissac vint au devant defa Majesté , & lui présenta une belle écharpe en broderie. Ce PrinceiVmbrasla, lui donna la sienne, & le fit sur le champ Maréchal de France(e). Tout se passa assez tranquillement; un corps de garde de soixanteLansquenets aiant refusé de crier vive le Roi, fut taillé en pieces, & deuxvu trois Ligueurs qui entreprirent d’ameuter la populace eurent la têtecassée. Le°Cardinai de Pellevé, Archevêque deRheims, le grand incen-diaire de la Ligue, étoit alors malade au lit; au moment qu’on vint lui di-re que le Roi étoit maître de la ville & que tout y étoit tranquille, il sel °urna de l’autre côté sans dire mot & expira (/). Le Roi alla à Notre-Dame entendre la Messe & fit chanter le Te Deum. Après avoir diné au
(d) Cayet T. I 1 L Mem. de Sulli L. VI. Z. Mem. pour servir à l’Hist de France& T. II. p. isi-
l (/;) Daniel I. c . p. 8- (s) Les niâmes, p. ígg. De 'J hou I. tz.
(c) 1 e çnôtne, p 9 . (/) L,es mômes Memoir. p. 204, zc5-
U) Cup., D’jHuhigné T. III. L. IV. Ch.
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