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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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ios HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section & il vit arriver fore à-propos huit-cens chevaux de fes Troupes ; ce quiX. obligea le Connétable à rassembler fa Cavalerie & à se retirer ( a ). Quel-Histoiri de ^8 Historiens ( b ) ont pris occasion de là de dire , que le Roi avec deux-^lilcens chevaux , parlant des Escadrons qu’il commandoit, avoit défait uneArmée de quinze mille hommes, ce qui est bien éloigné de la vérité. Cequ’il y a de certain, c’est que par cette heureuse témérité, il réussit dansson dessein, les deux Châteaux furent pris, & il se trouva en état de don-ner bataille aux Espagnols. D’autre part le Duc de Mayenne, volant qu’ilne pouvoit obtenir du Connétable de rien faire pour lui, & qu’il ne luirestoit plus que deux Places, fut fur le point de passer en Savoye. Danscette fâcheuse situation le Roi eut la bonté de lui faire dire, que s’il vou-loir se retirer à Chalons fur Saône, il lui accorderoit une trêve de troismois, pendant laquelle ils pourroientt traiter de la paix, Le Duc acceptala proposition fans hésiter (f), prit congé du Connétable fous prétexte deconserver ce qui lui restoit, & alla à Chalons.

Le Roi va d Après avoir fait le dégât dans la Franche-Comté, dont les Suisses neLyon. voulurent pas permettre qu’il fît la conquête, le Roi jugea à-propos d’al-ler à Lyon, où il avoit des affaires importantes. II tìt son entrée danscette ville avec une grande magnificence ; l’Archevêque autrefois l’ame de ;

la Ligue vint à la tête du Clergé lui rendre son obéissance (d). M. de I

' Bois-Dauphin, qui tenoit quelques Places en Anjou & dans le Maine, ;traita avec le Roi, & les lui remit. 11 étoit un des Maréchaux de la créa-tion du Duc de Mayenne, mais le Roi ne lui permit pas d’en prendre letitre dans le Traité, mais dès qu’il fut signé & que Bois-Dauphin lui eutrendu fes respects, il le confirma dans fa dignité de Maréchal de France(e). Henri se statoit aussi de conclure la paix avec le Duc de Savoye,mais il n’y eut qu’une trêve (/). Lesdiguieres vint à Lyon pour faire facour au Roi , à pour recevoir fes ordres ; il s’agissoit principalement dechasser de Provence le Duc d’Epernon, qui y causoit plus d’embarras quejamais, le Roi lui aiant envoyé une personne de confiance pour l’engager àquitter le Gouvernement de cette Province, avec ordre de lui dire que s’iln’obeissoit au plutôt, le Roi viendroit lui - même l’en chasser, le Duc ré- ■pondit en furie ; „ Hé bien qu’il vienne je lui servirai de Fourier, non„ pas pour lui préparer des logis, mais pour brûler tous ceux qui feront„ fur son passage (§)". Cette réponse insolente fit moins de peine au Roi,que la nouvelle qu’il apprit, que le Duc, malgré toutes fes protestations defidélité, s’étoit vendu à l'Espagne, & que le Roi Catholique lui donnoitune pension considérable tous les mois (h). Ce qui consola le Roi, c’estqu’après des peines infinies & une patience fans exemple, le Pape lui don-na, quoique d’une façon peu agréable , l’absolution le 17 de Septembre,en la personne de fes deux Agens du Perron & d’Ossat (r), qui furent tous

(a) Cayet T. III. (g) Hist. de Lesdiguieres L. V. Bouche

(b) Dupleix , le Gendre. Hist. de Provence L. X. Daniel p. 115.

(c) De Thon I. c. Mezeray 1 . c. p. 135. (h) Lett. d’OITat, T. II. Lett. du 17

(d) Cayet T. III. Janvier 159Í.

(e) Daniel 1 . c. p. 109. (r) Dwila L. XIV. Mezeray , Lett.

{f ) Câjfffí ubi d’Óuat I. I. p. 478-492*