HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 201
àe Nemours, qui s’étoit sauvé de Pierre-Encise , & emparé de Vienne, Sectionavec quelques Troupes Suisses que le Duc de Savoye lui avoir fournies, tâ- Hi f' irg ,choit de bloquer Lyon (a). Le Connétable de Montmorenci s’étant avancé Henri iv!
de ce côté-là avec un corps de Troupes, non seulement fit lever le blocus, —--
mais recouvra Vienne. Le Duc de Nemours fut si sensible à cette perte,qu’ìl en mourut de chagrin; d’autres disent que ce fut de poison. Vers lami-Mai Autun ouvrit ses portes au Maréchal de Biron (b). Encouragéspar ces exemples, les habitans de Dijon chassèrent le Vicomte de Ta-vannes, & se déclarèrent pour le Roi, qui se rendit peu après en Bourgo-gne pour commander son Armée en personne ( c). Avant son départ,il chargea du soin des frontières de Picardie , le Duc de Nevers , leComte de St, Pol, le Duc de Bouillon & l’Amiral de Viliars ; il nommale Prince de Conti Chef des Conseils qu'il laissa à Paris, ce qui chagrinafort le Comte de Solfions, mais le Roi ne l’aimoit point (d) Le des-sein du Roi étoit de contenter l’ambition de sa Maîtresse, par la conquê-te de la Franche-Comté, pour la donner à son fils César, en réservantla Souveraineté aux Cantons Suisses, pour les empêcher de prendre om-brage de cette conquête, & les engager à protéger ce nouveau Prin-ce, en cas qu’il vint lui-même à mourir fans laisser d’enfans légitimes.
Cette entreprise étoit hazardeufe , & néanmoins le Roi s’y portaavec tant d’ardeur, qu’elle pensa lui coûter la vie ; en quoi, vu la si-tuation de la France, il se montra meilleur pere que Roi, puisque samort auroit rallumé une nouvelle guerre civile.
Le Roi fit son entrée à Tr oies le 30 de Mai, & delà se rendit en Bour p ar unegogne. II apprit en arrivant que Velasco, Connétable de Castille, étoit heureuse té-entré dans la Franche-Comté avec une Armée de quinze mille hommes '«à, ude pied & de trois mille chevaux, & qu’il avoir été joint par le Duc de ^Mayenne (e) Henri appréhendant qu’ils n’eussent dessein de secourir les ft -p™.Châteaux de Dijon & de Talan, donna ses ordres pour assurer le ïiege gnols Ude ces deux Places, & en même tems il s’avança à la tête d’un corps de oblige leCavalerie pour retarder la marche des Espagnols, afin qu’on eût le tems de e „ re!leprendre ces deux Châteaux. II ne prit que cinq ° cens chevaux, & donna â
rendez-vous à ses Troupes à Lux & à Fontaine - Françoise, déterminé Chalonssurà livrer bataille à l’ennemi. S’étant avancé pour reconnoitre les Espa- Saône.gnols, il rencontra leur avant garde, la chargea, & donna les plus gran-des preuves de fa valeur, aux dépens de fa prudence (/). Les Trou-pes qu’il attaqua & dispersa étoient celles du Duc de Mayenne, qui allafur le champ prier le Connétable de ne pas manquer une victoire certaine.L’Espagnol lui répondit gravement, qu’il savoìt ce qu il avoit à faire, &pour le lui prouver il ne branla point. Le Duc lui fit alors de fortes in-stances, pour qu’il lui donnât seulement quinze-cens chevaux, mais ce futenvain (g). Dans ces entrefaites le Roi maintenoit toujours le combat,
00 Davila L. XIV.
(b) Daniel I. c. p. ICO. Me ze r ay , DeThon L. CX U. v
(c) Les mêmes.
Tome XXXI.
(iT) Les mêmes.
(e) Les mêmes.
if j Mezeray 1. C. p. 1 34 .
(g) Daniel I. c. p. 105 , io<5.
Cc