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31 (1769) La suite de l'histoire de France depuis le règne de Louis XII jusqu'au tems présent
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224 HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII.

Section Au commencement de Tannée I59<5,le Roi finit son Traité avec le DucX. de Mayenne, dont il publia les articles par un Edit fait à Folembrai dansHistoire de j e ^ois de Janvier. Dans cet Edit (st) , le Roi parle du Duc en termes ho-Henn iv. nnra bles, promet un entier oubli du passé,le décharge de tout compte desLa paix deniers publics ; le rétablit lui & les siens dans tous leurs biens ; déclaré qu’iíeonclueavec n’y a aucune charge contre les Princes & les Princesses de fa maison, tou-le Bue de c hant le meurtre du feu Roi, lui laisse pour six ans Chalons fur Saône, SeureMayenne, à Soissons pour villes de fureté, & le Gouvernement de Chalons à son5 ' fils aîné, en le détachant de celui de Bourgogne; se charge d’acquitter sesdettes jusqu’à la concurence de trois-cens cinquante mille écus, & de met-tre toutes ses dettes publiques au nombre de celles de la Couronne. Plu-sieurs trouvèrent ce Traité trop avantageux au Duc, & il parut extraor-dinaire à tout le monde que le Roi eût traité avec lui expressémentcomme Chef de Parti , en promettant oubli du passé à tous ceux quiavoient suivi le parti du Duc, qui voudroienc être compris dans le Trai-té. Quelques-uns Tattribuent à Gabrielle d’Eílrées, mais il y a plus d’ap-parence que d’autres motifs y engagerent le Roi. Quelques favorablesque fussent les conditions, le Duc auroit pu en obtenir de plus avanta-geuses, s’ii avoit traité plutôt. Mais il avoir toujours déclaré, qu’il atten-doit T absolution du Pape, qu’il vouloít traiter comme Chef de la Ligue,& que tous ses engagemens publics & particuliers fussent remplis. II restaferme à cet égard & par là se fit estimer du Roi. Ce Prince étoit persuadéque le Duc connoissoit à fond les affaires & les intérêts du Royaume tantau dedans qu’au dehors ;& il éprouvoit de fi fâcheux effets du ressentimentdu Duc d’Aumale & du Sieur de Rosne, qu’il résolut de ne pas forcer unhomme du poids du Duc de Mayenne à se jetter entre les bras des Espa-gnols. II considéra que depuis le commencement de la guerre, le Ducavoit toujours témoigné un grand respect pour sa personne ; & que quel-ques fautes qu’il eût faites, il lui avoit évidemment sauvé la Couronne, enempêchant les Etats de procéder à sélection d’un Roi ; qui auroit été sui-vie, d’une longue, incertaine & peut-être malheureuse guerre (£). Peuaprès il vint trouver le Roi à Monceaux, que ce Prince avoit donnéavec le titre de Duché à la belle Gabrielle ; le. Roi lui fit un accueildes plus favorables, ce qui rattacha le reste de fa vie à son service.imposteur II parut en ce tems-là, à Rheims un certain François la Ramée, qui pré-nmmé. La tendoit être le légitime Roi de France. II se disoit fils de Charles IX. &Ramée, ^Elisabeth d’Autriche femme de ce Prince,que la Reine-Mere Tavoic faitexposer , & qu’il avoit été élevé comme le fils du Gentilhomme dontil portoit le nom. Quelques Seigneurs donnoient dans ces chimères. IIparoit que cet homme étoit autant Fanatique qu’Imposteur ; on ne lais-sa pas de le condamner à être pendu, ce qui fut exécuté (c).

Les Ducs Èe Duc de Joyeuse, qui après la mort de son frere étoit sorti de chezde Joyeuse les Capucins & avoit quitté le nom de frere Hugue, pour se mettre à la& de Ne- tête d’une des Armées de la Ligue, fit aussi fa paix, rendit Toulouse &

(a) De Thou L. CXV. Daniel 1 . e. p. (D Matthieu, Mezeray, Daniel.

Sjl, Mezeray 1 . c. p. 150. (c) Daniel T. XIV. p. izg.