HISTOIRE DE FRANCE. Liv. XXIII. 205
fut fait Maréchal de France. Le nouveau Duc de Nemours prit le même Sectionparti & fut fort bien traité {d). x.
Le Duc de Guise se trouvoit assez embarrassé dans son Gouvernement ^enrTiv*de Provence; il avoit à faire aux Espagnols aux Ligueurs, au Duc de Sa- _ ,
voye & au Duc d’Epernon ; ayant peu d’argent & peu de Troupes. Dans mours secette fâcheuse situation il forma le projet de surprendre Marseille, quoiqu’ii soumettent,y eût une Flotte Espagnole dans le Port. II eut le bonheur d’en venir heu Le Duc dereniement à bout, par le moyen d’un Corse nommé Pierre de Libertat, ék Gui fi s ur 'au hazard de sa propre vie. Quand Henri íV. en reçut la nouvelle, ii M3r "dit plein de joie, c est maintenant que je suis Roi (b). Bientôt le Duc deGuise poussa si vivement le Duc d’Epernon, qu’il pensa à se retirer ; &les Provençaux afin de hâter son départ lui firent un présent de cin-quante mille écus, & un de trente mille pour les Officiers de ses Trou-pes. Le Duc se rendit ensuite à la Cour, <& le Roi lui donna peu aprèsle Gouvernement du Limousin (c), plutôt par politique que par inclination.
Le Blocus de la Fere qui avoit duré tout l’hiver, fut changé en siégé, LeCardimlque le Roi commandoit en personne. Le Cardinal Archiduc Albert avoit Albert faitpris le Gouvernement des Pays-Bas; il avoit apporté beaucoup d’argent& amené de nouvelles Troupes, ensorte qu outre le corps d’Armée qu’il «Ô»**»opposoit aux Etats des Provinces-Unies , il pouvoit en former une de Frmce.vingt mille hommes, bien pourvue d’artillerie , avec laquelle il résolutde porter la guerre en France, & un incident extraordinaire le mit enétat de faire au delà de ce qu’il se proposoit. Henri par des raisons par-ticulières n’avoit pas voulu comprendre le Sieur de Rosne dans le TraitéRaccommodement avec le Duc de Mayenne. Une de ces raisons étoit,qu’i! avoit commencé à faire sonder lui-même de Rosne pour l'engager àquitter les Espagnols. De Rosne s’y trouva fort disposé, & fit dire auRoi, qu’il devoit vingt mille écus à Bruxelles, L que si Sa Majeíté vou-loir lui fournir dequoi s’acquitter de cette dette, il ne tarderoit pas à ferendre auprès de fa personne pour lui offrir ses services (d). Cette négo-ciation ne fut pas assez sécrété, & les Espagnols en eurent connoissance.L’Archiduc envoya quérir de Rosne, qui en se rendant chez l’Archiducreçut un billet avec ces mots, Sauvez-vous fi vous pouvez autrement vous êtesperdu. II déchira le billet après savoir lu, continua son chemin & entradans la Salle où fe tenoit le Conseil, en fesant bonne contenance; il leurdit, Messieurs j’étois sur le point de vous venir trouver, pour vous faireune proposition de la derniere importance. On le pria de fe retirer pourun moment. D. Diegue d’ibarra, qui haïssoit le Duc de Mayenne & tousceux qui étoient à lui, fut d’avis de le punir fans l’entendre; mais le Comtede Fuentes représenta, que de Rosne avoit rendu de grands services, quec’étoit un habile Officier, & qu’il étoit capable d’exécuter de grands des-seins, desorte qu’il fut résolu de l’écouter (e) De Rosne proposa de serendre maître de Calais & assura que la chose étoit non feulement possible,
(d) Le même, p. 169.
{e) De Thon L. CXVI. Daniel 1 . c. p. i 7 °.
Cc 3
(») Le même, p. 153.(b) Le même, p. 165.
CO même, p. 167.